Législatives: sur 428 candidats de "La République en Marche", 24 sont parlementaires

11 mai 2017 à 11:33 - mise à jour 11 mai 2017 à 15:07Temps de lecture3 min
Par Jean-Claude Verset

Emmanuel Macron élu, le plus dur est à venir pour ce mouvement sans parti: faire élire un maximum de candidats pour transformer le parlement français en un outil de la politique présidentielle. Qui seront ces candidats de la nouvelle "République en Marche"? Une partie du voile est levé, par la divulgation d'une première liste de candidats.

Nous avons l’objectif d’obtenir une majorité absolue à l’Assemblée nationale a déclaré Richard Ferrand, secrétaire général. "Les profils des candidats parlent d’eux-mêmes. C'est le retour des citoyens au cours de la politique." Une commission nationale d’investiture composée de 9 membre a examiné 19 000 dossiers de candidatures posés sur la plate-forme depuis le 19 janvier. Soit une moyenne de 34 candidatures par circonscription. 71% des candidatures étaient masculines.

Les candidats en chiffres

Parmi les candidats investis figurent 214 hommes et autant de femmes. 50% sont issus de la société civile et n’ont jamais exercé de mandat électif. 93% sont des candidats en activités professionnelles, 2% recherchent un emploi, 4% sont des retraités et le pourcent restant concerne les étudiants. 95% ne sont pas des députés sortants. L’âge moyen est de 46 ans. Le plus jeune des candidats retenus a 24 ans et la candidate la plus âgée a 72 ans. Enfin, 52% des candidats n’ont pas un CV de professionnel dans la politique. 24 sont des parlementaires et tous sont socialistes.

"Rassemblement et renouvellement"

Le mouvement marche sur deux jambes : "Rassemblement et renouvellement", explique  Richard Ferrand qui devance la question sur le nombre des candidats figurant sur la liste. Un nombre limité à 428 pour l'instant, alors qu’il pourrait y en avoir 577.

"Il manque encore des noms, parce que l’on poursuit les échanges pour les Départements d’Outre-Mer et que, d’ici mercredi prochain, il doit pouvoir exister un espace pour recomposer l’espace politique français." Cette recomposition de l’espace politique doit permettre à des individus de se présenter pour les territoires non encore pourvu d’un candidat. 

Mais d’ici mercredi, il y aura probablement 577 candidats du mouvement présentés, tant pour les Département d’Outre-Mer que dans d’autres territoires. Même si ce n’est pas une obligation.

Valls, le Modem et les Républicains

A propos de Manuel Valls, sa candidature a été étudiée, répond le Porte-Parole du mouvement, mais ne répondait pas aux critères publiés: "Un candidat ne peut être investi s’il a déjà obtenu trois mandats de parlementaire. Donc nous n’investissons par l’intéressé, mais nous ne lui opposons par à priori de candidat."

A propos du Modem, Richard Ferrand confirme "qu’il n’y aura qu’un seul label, celui de République en Marche, et qu’il n’y aura, comme décidé, aucun accord d’appareil." Toutes les candidatures étaient individuelles.

Richard Ferrand précise que François Bayrou, président du parti centriste Modem a souhaité que dans le programme figure une loi de moralisation de la vie publique. "Ce texte sera présenté en conseil des ministres avant le premier tour des élections législative", promet le porte-parole. De même pour la demande de reconnaissance de la rémunération du travail. Le troisième aspect étant le respect de l’identité politique. "Nous ferons donc bannière commune avec la République en Marche. En pratique, lorsque chacune des deux formations - En Marche et le Modem - ont proposé des candidats, c’est la commission d'investiture qui a désigné le meilleur d’entre eux pour être candidat."

Quant aux Républicains, ils pourraient encore apparaître parmi les candidats pour les postes restants.

Une partie de Poker

Les élections législatives françaises se dérouleront les 11 et 18 juin prochains et, pour obtenir une majorité absolue à l'Assemblée, le mouvement d'Emmanuel Macron doit obtenir 289 des 577 sièges de députés. Un scrutin d’autant plus hypothétique que tous les repères de la politique française ont disparu. Le PS est en déliquescence, la droite est en proie à la zizanie, le parti de gauche extrême est conquérant et le FN, bien qu’en croissance, vient de connaître la défaite. Ce qui place Marine Le Pen dans une situation instable face à certains cadres de son parti. Et pour compliquer encore le pronostic, un Président très seul, même si, désormais, la liste de ses lieutenants est connue.

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Les explications d'Aurelien Thirard, notre correspondant à Paris

Billet Thirard

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