Le Vlaams Belang lance une app pour smartphone : pour "briser la censure"… et convertir des électeurs sur le long terme

Tom Van Grieken, le président du Vlaams Belang, à la Chambre, le 17 mars 2020. A droite, une capture d’écran de l’application publiée par le parti ce dimanche 19 septembre 2021.
20 sept. 2021 à 14:02Temps de lecture2 min
Par Am.C.

Elle s’appelle "Vlaams Belang" et est disponible pour les smartphones Apple et Android : le parti flamand d’extrême droite du même nom a lancé ce dimanche son application pour téléphone mobile. Au menu : des articles rédigés par des membres du parti, un lien vers le magasin du mouvement qui propose divers objets, un module de discussion baptisé "VB-chat" et des invitations à diffuser le message du Vlaams Belang.

Le principe n’est pas neuf. En 2012 par exemple, l’équipe de Barack Obama, alors candidat à un second mandat à la tête des Etats-Unis, présentait une app à destination de ses partisans.

Du côté du Vlaams Belang on met en avant la volonté de "briser la censure" imposée notamment par les plateformes telles que Facebook et Twitter qui filtrent certains messages en fonction de leurs propres critères.

"Gamification" et communication

Mais ce projet va plus loin que cette seule volonté de maîtriser ses canaux de communication. Dans l’application, un onglet barré de la mention "bientôt disponible" propose des contreparties en échange de la diffusion des idées du parti. Car une base de fan, pour un parti, c’est important. Mais une base de fans qui s’engage pour le parti, c’est encore mieux.

"Ils utilisent la 'gamification'¹ pour transformer les fans en ambassadeurs. On pose aussi des questions pour mieux comprendre [ceux qui ont téléchargé l’app]. Ces connaissances peuvent permettre d’optimaliser les autres moyens de communication", observe sur Twitter Reinout Van Zandycke, spécialiste de la communication politique.

Au micro de la VRT, celui-ci ajoute : "La principale raison pour laquelle un parti politique utilise une application, c’est pour en savoir plus sur ces électeurs ou ses adhérents potentiels. […] Ces données peuvent être utilisées dans la communication."
 

Capture d'écran de la Facebook Ad Library, la bibliothèque publicitaire de Facebook qui répertorie les publications sponsorisées par des personnalités ou des partis politiques.

Ce lundi, l’application proposait par exemple un sondage sur la députée flamande Sihame El Kaouakibi. Absente du Parlement flamand depuis la mi-octobre 2020, cette ex-entrepreneuse qui était au cœur d’un scandale a reçu un nouveau certificat médical valable jusqu’à la fin novembre. D’ici-là, elle continuera à percevoir son salaire de députée d’environ 6000 euros. "Faut-il lui envoyer la médecine du travail ?", interroge l’app. Pour participer au sondage, il faut d’abord s’inscrire en donnant son adresse mail.

Le Vlaams Belang, qui compte plus de 600.000 fans sur sa page Facebook, reste malgré tout bien présent sur les réseaux sociaux traditionnels. La bibliothèque publicitaire de Facebook montre ce lundi qu’une douzaine de posts sponsorisés visent à faire la promotion de cette nouvelle application.


¹ Un terme que l’Office québécois de la langue française traduit par "ludification" et qui désigne, selon cette même source, "l’application des mécaniques propres aux jeux, notamment aux jeux vidéo, à diverses disciplines telles la publicité, la commercialisation ou l’éducation, pour inciter de façon ludique les utilisateurs à adopter un comportement souhaité".

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