Voile

Le Tour du Monde en 50 jours... de plus

Le Tour du Monde en 50 jours... de plus
10 mars 2017 à 18:45Temps de lecture1 min
Par Lise Burion

Qui se souvient du 18e du Tour de France ? Sans lui faire injure, pas grand monde. Voire même personne. Par contre la lanterne rouge, le dernier du classement, marque les esprits. Au Vendée Globe, c’est à peu près pareil ! Arriver le dernier, largué par les meilleurs, cela déclenche la sympathie du grand public.
Le dernier de cette édition 2016, c’est le Français Sébastien Destremau (124 jours en mer, contre 74 pour le vainqueur Armel Le Cléac’h). Et il a tout compris niveau communication. Egalement journaliste, cette grande gueule de 52 ans a fait l’actualité du début à la fin de la course, sans jamais faire de la performance sa priorité…

C’est d’ailleurs en commentant l'édition 2012 du Vendée Globe qu'il a décidé de prendre le départ de cette édition. Sur un bateau plus vieux et moins élaboré que ceux des premiers, son objectif était clairement assumé : atteindre l’arrivée, peu importe le temps que ça allait prendre.

Cela s’est vérifié au fil des jours : alors qu’Armel Le Cléac'h arrivait en héros aux Sables-d'Olonne le 19 janvier, Destremau, lui, n’avait pas encore franchi le Cap Horn. Soit un océan de retard.

L’aventure plutôt que la performance

Et cette philosophie ne plait pas à tout le monde dans le milieu de la voile. Certains estiment qu'il ternit l'image du Vendée Globe. Parce que finir si loin, c'est oublier que l'événement est avant tout une course, et pas un simple tour du monde pour le plaisir...

Cela dit, Destremau aura dû dompter les mers lui aussi, réparer plusieurs fois son bateau, et même se rationner en nourriture en fin de course pour ne pas épuiser son stock...

50 jours après l’arrivée de Le Cléac’h, Destremau terminera donc à la 18e place, dernier skipper classé de cette édition. Et il fait donc mieux que les 11 navigateurs qui ont dû abandonner.

Et s'il avait renoncé à remonter ses concurrents pendant la course, Sébastien Destremau aura tout de même quelque chose à rattraper une fois à terre : c'est l’actualité... Parce qu'en passant 4 mois en mer, il a notamment loupé l'élection ET l'investiture de Donald Trump ou encore les décès de Fidel Castro et George Michael…