Economie

Le secteur de la construction vacille et réclame l'attention des pouvoirs publics wallons

Le secteur de la construction a perdu 8000 emplois depuis 2012
03 févr. 2015 à 16:42Temps de lecture1 min
Par Carl Defoy

"Par rapport à 2012, on s’attend à une chute du chiffre d’affaires de 31% et le nombre d’emplois, évidemment, va suivre avec une chute de 26%."

C’est Bernard Cornez qui s’exprime ainsi au nom des entrepreneurs de travaux de voirie. Mais le constat s’étend à tout le secteur qui enregistre un record du nombre de faillites en 2014 et constate la perte de 8000 emplois entre 2012 et aujourd’hui.

Combattre le dumping social
C’est plus que Caterpillar, Ford Genk ou Arcelor Mittal. Mais ça ne secoue guère l’opinion publique parce que, explique Francis Carnoy, ce sont des plus petites structures qui disparaissent. Le directeur général de la Confédération de la Construction Wallonne est convaincu que c’est l’effet d’une conjoncture en baisse et du robinet du crédit qui se resserre.

Mais pas seulement: "Si on a perdu 8000 emplois, c’est la baisse de l’activité, c’est aussi la conséquence du statut unique ouvrier/employé mais c’est surtout le dumping ."

Entendez "dumping social" lié à l’utilisation de main d’œuvre illégale. Francis Carnoy suggère donc de contrôler d’avantage les chantiers. Mais il insiste surtout pour que le secteur soit considéré comme l’acteur économique important qu’il est.

Travaux bâclés, argent gâché

D’autres interlocuteurs regrettent les soubresauts de la politique des primes dont ils réclament la simplification ; ils recommandent aussi que les pouvoirs publics investissent au minimum dans la préservation de leur patrimoine.

Au final, moins cher si c’est fait de façon intelligente, avertit Bernard Cornez. En effet, selon lui, il faut parfois réaliser des chantiers avec des moyens insuffisants. "Quand cela coûte 200 et qu’on ne dispose que de 100, on doit faire le travail à moitié, dit-il. Et si, en plus, on vous demande une garantie de 10 ans, comment voulez-vous assurer ?"

Difficile dialogue entre des entrepreneurs dont les carnets de commande se vident et des donneurs d’ordre désargentés. D’autant qu’à cette équation, les pouvoirs publics doivent encore ajouter les contraintes européennes: l’Europe considère beaucoup d’investissements comme des dépenses. Or la dette wallonne, surveillée de près, ne peut franchir certains seuils.

Carl Defoy