Le prix Nobel de physique attribué à trois chercheurs dont "enfin" une femme

Donna Strickland - l'un des trois Nobel de physique 2018
02 oct. 2018 à 14:45 - mise à jour 02 oct. 2018 à 14:45Temps de lecture2 min
Par I.L. avec Françoise Baré

Le prix Nobel de physique a été attribué ce mardi à trois scientifiques pour leurs recherches sur les lasers qui ont permis de développer des outils utilisés dans l'industrie et la médecine.  Ce prix récompense pour moitié l'Américain Arthur Ashkin, et pour l'autre moitié le Français Gérard Mourou et la Canadienne Donna Strickland. 

Enfin une femme

Donna Strickland et Gérard Mourou sont aujourd’hui récompensés pour avoir mis au point une méthode qui génère des impulsions ultra courtes à haute intensité à l'aide d'un laser.

L’évènement est de taille, car cela faisait plus de 50 ans qu’une femme n’avait plus été "nobelisée" dans le domaine de la physique.  D’ailleurs, on n’en compte que deux autres tout au plus. On peut inévitablement citer Marie Curie qui a reçu ce prix en 1903 avec son mari Pierre, puis Maria Goeppert-Mayer en 1963.

600 hommes ont été "nobelisés" depuis 1901, pour seulement 17 femmes, majoritairement dans des spécialistes dites plutôt féminines comme la médecine ou la physiologie.

Cette nouvelle nomination vient démentir la récente déclaration d’un chercheur italien au Cern, selon laquelle, seuls les hommes ont inventé et construit la physique alors que les femmes n’y sont entrées que sur simple invitation. Entendons par là que ni leur talent, ni leurs compétences ne leurs ont ouvert les portes de la recherche en physique.

Pourquoi les mentalités ont-elles tant de mal à évoluer ?

Les jurys sont et ont toujours été masculins et le Nobel n’est que le reflet de l’histoire, même s’il y a bel et bien une prise de conscience que les femmes sont aussi compétentes que les hommes. Mais elles n’ont pas encore réussi totalement à atteindre l’aura d’une carrière scientifique qui en découle. 

Au regard de la société, les femmes ont plutôt des rôles d’assistantes, travaillent souvent dans le domaine des soins, mais peu dans les matières lourdes comme l'informatique par exemple.

Elles cherchent pourtant comme les hommes dans des matières pointues mais l'avancement dans la carrière se fait moins facilement car de manière générale, les femmes ont deux vies quand elles ont des enfants. Par ailleurs, elles doivent souvent être mille fois plus performantes pour tenter de se faire une place. Première étape : être "surdiplômées", puis une fois en poste, travailler encore et encore. Une scientifique française de haut vol conclut toujours que si une femme scientifique se marie, elle doit avant tout bien choisir son époux sans quoi sa carrière en sera toute différente.  

Prix Nobel : la physique après la médecine

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