Belgique

Le prix des carburants n’est pas pris en compte dans le calcul de l’indexation des salaires, c’est un problème selon Joseph Pagano, professeur de finances publiques à l’UMons

31 mai 2022 à 20:16 - mise à jour 31 mai 2022 à 20:24Temps de lecture2 min
Par Hugues Angot

Ça ne m’étonne pas que le Premier ministre ne comprenne pas le mouvement de grève dans la fonction publique. C’est lui qui est peut-être à la base du mécontentement des fonctionnaires a déclaré Michel Meyer, le président de la CGSP sur le plateau de QR l’actu.

Le Premier ministre reconnaît que la forte inflation n’est facile pour personne. "Je comprends les préoccupations des syndicats, mais la compensation du pouvoir d’achat est bien mieux réglementée dans notre pays que dans d’autres pays. Nous devons tous tenir, tant dans le secteur public que dans le privé."

Des propos qui passent mal côté syndical. " Il faut comprendre pourquoi les fonctionnaires en ont ras le bol. On nous dit tout le temps que nous sommes dans un milieu paradisiaque. Nous sommes bien payés, nous avons une carrière tranquille et une bonne pension eh bien non. Nous avons des travailleurs pauvres dans la fonction publique et si Monsieur De Croo ne le sait pas, c’est qu’il ne connaît pas la fonction publique".

Indexation suffisante ?

Pour protéger le pouvoir d’achat, le Premier évoque l’indexation automatique des salaires mais le système est loin d’être parfait. Joseph Pagano relève d’ailleurs un souci avec notre système d’indexation automatique des salaires : "Le problème avec l’indexation des salaires c’est son caractère complet ou non. Depuis l’introduction de l’indice santé, les carburants automobiles ont été retirés du calcul pour l’indexation. Et pour le moment, ce sont justement les prix des carburants qui posent problème".

Refinancer le secteur public ?

Pour Michel Meyer, il est urgent d’orienter mieux le budget de l’Etat. Le président de la CGSP ne souhaite pas toucher à l’impôt ni aux dépenses mais plaide pour concentrer les recettes de l’Etat vers la fonction publique : " Une grande partie des recettes vont vers le privé comme des aides à l’emploi, soi-disant pour améliorer la compétitivité des entreprises. Mais quand on analyse les dividendes de certaines entreprises, on peut se demander si ces aides à l’emploi servent vraiment à améliorer la compétitivité ou pour remplir les poches des actionnaires. Si on comptait juste la moitié des milliards d’aides vers le privé, on réglerait une grande partie des problèmes de la fonction publique".

QR l'actu

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