Economie

Le pétrole finit sous 60 dollars à New York pour la première fois depuis 2009

Du jamais vu depuis plus de cinq ans.
11 déc. 2014 à 19:37 - mise à jour 11 déc. 2014 à 20:59Temps de lecture2 min
Par Belga News

Le baril de "light sweet crude" (WTI) pour livraison en janvier a clôturé à 59,95 dollars, du jamais vu depuis plus de cinq ans sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), en baisse de 99 cents par rapport à la veille.

A Londres, le baril de Brent pour livraison en janvier a aussi fini à des planchers depuis la juillet 2009, à 63,68 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE).

"On a franchi une nouvelle étape", avec une clôture sous les 60 dollars, a commenté James Williams, expert énergétique pour WTRG Economics.

Après des mois de déroute, le baril d'or noir coté à New York a chuté de 44% depuis son dernier pic de la mi-juin, de 106,91 dollars en clôture.

"Bas, encore plus bas", les cours de l'or noir ne semblent pas avoir encore trouvé de plancher, a commenté Matt Smith, de Schneider Electric.

"C'est ce qui arrive lorsque l'on a 2 millions de barils par jour (mbj) en trop d'offre, par rapport à la demande, pesant sur le marché" et "alors que l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole) ne montre aucun signe de réduction de production ou de réunion anticipée", a continué M. Williams.

Dans ces conditions, l'afflux de nouvelles négatives pour les prix qui a inondé le marché de l'énergie mercredi s'est encore fait ressentir.

La révision à la baisse par l'Opep de ses estimations de consommation mondiale de pétrole a particulièrement pesé et le pessimisme des courtiers a encore été renforcé "par une phrase de cinq mots (en anglais, ndlr) du ministre du pétrole saoudien Ali al-Nouaïmi: +Pourquoi devrais-je réduire la production+", a relevé Matt Smith.

En effet, cela "renforce encore une fois l'intention affichée des Saoudiens de préserver leurs parts de marché plutôt que de défendre les prix", a-t-il ajouté.

L'annonce d'une hausse surprise des stocks de brut aux États-Unis mercredi a déçu les attentes de ceux qui avaient espéré des signes d'une demande pétrolière accrue des Etats-Unis pour soutenir le marché.

 

"Beaucoup de pétrole, trop de pétrole"

 

"D'autant que les raffineries n'ont jamais fonctionné à un rythme aussi rapide que la semaine dernière depuis août 2005", à 95,4% "et que les produits pétroliers ont eux aussi bondi, a relevé James Williams. En d'autres termes, "il y a beaucoup de pétrole, trop de pétrole", et "il ne serait pas étonnant que le WTI chute jusqu'à 50 dollars le baril", a-t-il conclu.

Sur le marché des changes, un nouvel accès de vigueur du dollar jeudi par rapport aux autres devises a encore accentué le plongeon des cours, a noté Tim Evans, de Citi Futures.

Plus le billet vert est fort, moins les actifs libellés en dollars sont intéressants pour les acheteurs munis d'autres monnaies.


AFP

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