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Le patron de la Stib veut ''traire le client'', polémique

Le patron de la Stib veut ''traire le client'', Bruno De Lille s'offusque
20 avr. 2012 à 12:55 - mise à jour 20 avr. 2012 à 15:12Temps de lecture4 min
Par RTBF

Le secrétaire d'Etat bruxellois à la Mobilité Bruno De Lille (Groen) a dit espérer que la déclaration du directeur général par intérim de la STIB Kris Lauwers, qui veut "traire le client" pour financer la société bruxelloise de transport en commun, relève du lapsus.

"Je ne pourrais absolument pas accepter que la STIB veuille traire ses clients", a réagi M. De Lille sur Facebook.

"J'espère vraiment qu'il s'agit d'un lapsus et que ce n'est pas la façon dont M. Lauwers considère ses clients. La STIB a un rôle très important à jouer pour la mobilité bruxelloise et doit donc considérer le client et la prestation de service à ce dernier comme sa priorité absolue. Il serait donc bon que le patron de notre STIB confirme ceci rapidement et publiquement", a souligné M. De Lille.

La ministre bruxelloise des Transports, Brigitte Grouwels (CD&V), a également pris ses distances avec les déclarations du patron de la STIB Kris Lauwers.

"Nous ne sommes déjà pas des moins chers", tempête-t-on du côté de Brigitte Grouwels

"L'histoire de la STIB est une histoire positive", souligne-t-on au cabinet de Brigitte Grouwels. On ajoute que le nombre de voyageurs a doublé ces dernières années. "Nous ne pouvons pas être dénigrants à cet égard".

La ministre reconnaît qu'un bon service public de transport coûte cher. Pour elle, l'idée d'un paiement au kilométrage peut être une piste de financement "mais il faut d'abord une concertation avec les autres Régions". Il existe aussi d'autres possibilités de financement, notamment via une intervention du secteur privé.

Pour Brigitte Grouwels, une augmentation des tarifs n'est pas une option à retenir. "On vient d'augmenter les prix et nous ne sommes déjà pas des moins chers", dit-on encore chez la ministre. Mme Grouwels plaide en tout cas pour le maintien des tarifs sociaux.

Rudi Vervoort (PS) parle de "confusion des rôles"

Le président de la fédération bruxelloise du PS, Rudi Vervoort, s'est inquiété vendredi de la vision de la STIB développée dans la presse par son directeur par intérim Kris Lauwers.

"C'est aux autorités bruxelloises qu'il appartient de préserver une politique tarifaire accessible à tous et d'intervenir en faveur de tarifs sociaux", rappelle-t-il, évoquant une "confusion des rôles" de la part de Kris Lauwers.

"Réduire un service public à une logique de la seule rentabilité, au détriment des usagers les plus faibles et au mépris de besoins essentiels de la population bruxelloise, ne manque pas d'inquiéter", ajoute-t-il.

Céline Fremault (cdH) réclame du respect pour les usagers de la Stib

La cheffe de groupe cdH au parlement bruxellois Céline Fremault revient sur les propos du patron de la STIB, évoquant des "clients qu'il faut traire".

"C'est à tout le moins interpellant, car les utilisateurs des transports en commun de la STIB ne sont pas que de simples clients mais des bénéficiaires d'un service public auquel ils ont droit et qu'ils financent largement".

Réclamant du respect et de la considération envers les "clients", Céline Fremault dit espérer que les propos de M. Lauwers ne sont que le signe d'une communication mal préparée, due à son inexpérience à ce poste.

Vincent De Wolf (MR) réclame son "remplacement rapide"

Vincent De Wolf, chef de groupe MR au parlement bruxellois, demande pour sa part le remplacement rapide du directeur ad interim, qui est candidat à une nomination effective.

Ses déclarations "particulièrement farfelues sont radicalement contraires aux politiques menées en Région bruxelloise en termes de transport public". A ses yeux, "il serait temps que le gouvernement bruxellois cesse de s'emmêler les pinceaux en disant vouloir encourager le recours au transport public tout en prenant des mesures ayant l'effet contraire, telle la récente hausse des tarifs, de 4,5% en une année".

Les deux pistes envisagées par Kris Lauwers pour augmenter les recettes

Premièrement, une forme de péage urbain ou de taxe intelligente dont le produit serait reversé à la Stib pour lui permettre de faire face à la forte hausse de la demande attendue dans les cinq ans à venir.

Deuxièmement, le candidat à la succession d’Alain Flausch à la tête de la Stib prévoit de "traire le client", comprenez d’augmenter les tarifs pour certaines catégories d’usagers.

"Si nous ne voulons pas 'presser' complètement le contribuable bruxellois, nous devrons donc trouver des alternatives". Une des possibilités est que, "à long terme, le client paie le juste prix pour les transports publics. Chacun doit être conscient qu'en prenant le bus, le tram ou le métro, on ne paie qu'une partie des coûts réels. Soyons clairs, les personnes moins nanties devront toujours bénéficier de tarifs sociaux", a précisé Kris Lauwers.

Et Kris Lauwers de citer les abonnés, qui, pour certains, empruntent les transports publics pour un ou deux arrêts alors qu’ils pourraient se déplacer à pied, en vélo ou même en voiture.

Favoriser ce type de clientèle alors que les véhicules craquent de partout sous l’afflux de passagers ne constitue pas une bonne politique, estime Kris Lauwers. Et ce genre de déclaration quand on postule au poste de directeur général de la Stib n’est sans doute pas de nature à favoriser votre candidature.

Ju. Vl. avec Philippe Carlot et Belga

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