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Belgique

Le "hit and run", un phénomène connu des services de police

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Ce mercredi matin, la presse annonçait que selon les chiffres de la police fédérale pour l'ensemble du territoire, le nombre d'attaques est passé de 2180 en 2007 à 2662 en 2009, soit une augmentation de 20% en deux ans.

Pour Fernand Koekelberg, commissaire général de la police fédérale, Bruxelles ne sort pas du lot par rapport à d'autres villes belges ou européennes mais cette augmentation est un constat. "Il y a effectivement une légère tendance à la hausse pour certains faits, en particulier des faits de vol qui sont commis avec violence contre des personnes. Et c'est de nature à renforcer le sentiment d'insécurité surtout quand les faits sont concentrés dans un très court laps de temps", a-t-il expliqué.

Le commissaire a tenu a pointer la difficulté de l'autorité face à ce genre de situation : "La difficulté, c'est de rester raisonnable, de raison gardée, de voir ce qui s'est passé exactement, de voir si on aurait pu prévenir ce genre de chose ou agir autrement pour que ca ne se passe plus, tout en sachant que le risque zéro n'existe pas", a-t-il ajouté.

"Hit and run", un nouveau phénomène

Dans le cas du braquage d'Ixelles, les deux malfrats arrêtés étaient originaires d'Estonie. Ils venaient d'arriver en Belgique et visiblement ne comptaient pas y rester, ils étaient donc venus uniquement pour réaliser ce braquage. Cette pratique a été baptisée "hit and run", un phénomène bien connu des services de police comme le confirme Fernand Koekelberg : "Depuis quelques années déjà nous connaissons ce phénomène de ce que l'on appelle 'des bandes itinérantes'. Et nous avons remarqué que ces bandes commencent à se sédentariser en Belgique. Nous avons aussi des bandes itinérantes qui viennent de l'étranger et qui restent un certain temps en Belgique pour commettre leurs méfaits et puis repartir, ici le délai que ces gens qui restent en Belgique est encore plus court, ils viennent en Belgique pour commettre un ou deux méfaits et en repartent dans les heures ou dans les jours qui suivent dans leur pays d'origine pour écouler leur butin".

Présence renforcée sur le terrain

Suite aux deux braquages, dont l'un mortel, qui se sont déroulés lundi à Bruxelles, le ministre-président de la Région bruxelloise, Charles Picqué a insisté sur la nécessité de renforcer la présence des policiers dans les quartiers.

"Je le rejoins sur ce point et c'est une revendication qui a déjà été mise l'an dernier suite à des incidents qui s'étaient produits à Molenbeek, il y a des décisions qui ont été prises et qui vont dans ce sens là, notamment au niveau budgétaire, il y a des moyens qui ont été dégagés par la ministre de l'Intérieur lors du conclave pour faire en sorte que la capacité de la police fédérale ne diminue pas, pour faire en sorte qu'on recrute très vite 100 nouveaux aspirants qui seraient issus de la défense et qui deviendraient des policiers à part entière et qui prendraient l'engagement pendant cinq ans de servir à Bruxelles", a indiqué le commissaire.

"Fin de l'année passée, la ministre a demandé à la police fédérale de créer un embryon de réserve fédérale à concurrence de vingt hommes qui sont disponibles toutes les nuits et tous les week-ends, 24h/24. La présence renforcée sur le terrain ca oui j'y crois et je crois effectivement non seulement que ca dissuade certains de commettre des méfaits ca peut renforcer le sentiment de sécurité", a-t-il ajouté.

Etre armé comporte un risque

Le bijoutier de Schaerbeek était armé et a fait feu sur les auteurs d'un braquage lundi soir. Il a été inculpé pour meurtre et tentative de meurtre et un mandat d'arrêt a été délivré contre lui.

"Le fait d'être armé comporte en soi un risque, c'est de sortir cette arme et d'être soi-même victime du tir d'un agresseur qui n'avait peut être pas initialement l'intention de tirer, c'est le risque aussi de tirer de façon inopportune et qui ne réponde pas aux conditions légales. Avoir une arme ca ne vous donne jamais la certitude que vous êtes invincible", conclut Fernand Koekelberg.

Mélanie De Nora