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Le grand malchanceux de la Pro League, c'est Thibaut Peyre à Mouscron-Péruwelz

Le sort s'acharne sur le défenseur de Mouscron-Péruwelz Thibaut Peyre
19 mai 2016 à 16:35 - mise à jour 19 mai 2016 à 16:35Temps de lecture3 min
Par Samuël Grulois

Depuis quelques mois, la sorcière s’acharne injustement sur le sympathique Thibaut Peyre. Le défenseur de Mouscron-Péruwelz (Royal Excel Mouscron dès la saison prochaine), souvent aligné au back droit, a bien plus souffert en une saison que certains de ses confrères footballeurs durant toute leur carrière. Le grand malchanceux du championnat 2015-2016, c’est bel et bien lui: sérieuse blessure aux ligaments croisés du genou droit le 26 septembre 2015, cinq mois d’arrêt, retour sur les terrains en janvier 2016 et rupture de ces mêmes ligaments le 12 février 2016 lors d’un match contre Gand ! Excusez du peu…

Le Toulousain à l’accent chantant du sud-ouest a été opéré le 9 mars à Marseille. Depuis lors, il suit sa rééducation au sein du centre spécialisé pour les sportifs de haut niveau de Capbreton, dans le département des Landes, le long de l’océan Atlantique. "On m’avait conseillé Capbreton pour m’éloigner de Mouscron, pour changer d’air et ne pas voir tous les jours mes équipiers aller à l’entraînement… Il y a tout ici pour remettre un sportif sur pied: préparation physique, musculation, piscine, diététique… c’est grandiose!".

Un peu plus de deux mois après son opération, on retrouvait un Thibaut Peyre au moral requinqué et impatient de revenir au Canonnier, début juin, pour la reprise des entraînements. "Même si je ne serai pas encore capable de faire grand-chose à ce moment-là… Mais j’ai besoin de revoir les copains. J’ai le moral et j’espère pouvoir reprendre la course à pied d’ici un petit mois!".

Thibaut, Mouscron-Péruwelz a officiellement assuré son maintien le 5 mars lors d’un succès inespéré 2-1 contre Anderlecht. J’imagine votre joie et, en même temps, votre déception de ne pas avoir pu vivre tout cela de l’intérieur ?

"La victoire contre Anderlecht avec le maintien à la clé, quel bonheur ! Malheureusement, j’ai vécu ça à distance... Mais mes coéquipiers m’ont fait partager leur émotion en enfilant, à la fin du match, des tee-shirts à mon effigie pour m’exprimer leur soutien. Cette fête du maintien m’a vraiment manquée. Vous savez, lutter pour ne pas descendre ça ronge, c’est terriblement éprouvant. Alors, quand on y parvient, c’est un réel soulagement psychologique!".

Qu’est-ce qui a été le plus difficile à gérer pendant tous ces mois de galère: la douleur physique ou la douleur mentale?

"Les deux ! Les dix premiers jours après l’opération, la douleur physique était terrible. Vous ne pouvez pas imaginer… Je ne pensais pas souffrir autant, c’était limite supportable. J’ai même fait de la fièvre! Après, on essaie de regarder devant… mais être loin de ses équipiers, quand il y a des matches tous les week-ends, c’est rageant et moralement compliqué à accepter."

N’avez-vous pas repris trop vite après votre première blessure ? Est-ce que cette mauvaise expérience va changer votre façon d’appréhender votre métier de footballeur?

"Je suis quelqu’un de très sérieux, de très appliqué et impliqué dans le foot. J’ai toujours été à 100%... peut-être trop parfois, ce qui m’a sans doute joué des tours. Mais je ne veux pas regretter d’avoir été à 100%! C’était une année noire, à point c’est tout. C’est une épreuve qui me fera grandir. Désormais, je vais essayer de mieux gérer mes efforts. C’est un changement de mentalité difficile à intégrer. A 23 ans, ce n’est pas le moment pour moi de me retenir. Les joueurs qui ont 32-33 ans oui… mais pas moi! On verra bien quand je remonterai sur le terrain… ".

Vous évoquez une " année noire ". Il n’y a pas d’autres mots…

"C’est une épreuve que je dois traverser. Après ma première blessure, en septembre, j’étais convaincu que trois mois de revalidation suffiraient. Mais voilà, trois matches plus tard, patatras, ça a repété… Je n’ai que 23 ans. Je vais renforcer mon genou, apprendre à mieux connaître mon corps. On ne se connaît vraiment que vers 28-29 ans, avec l’expérience. J’ai encore une marge de progression. Et je vais le prouver pendant ma dernière année de contrat avec Mouscron."

 

 

Thibaut Peyre
Thibaut Peyre Belga
Thibaut Peyre
Thibaut Peyre Belga

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