Tour de France

Le doute n'implique pas la culpabilité

Le doute n'implique pas la culpabilité
14 juil. 2013 à 20:13Temps de lecture1 min
Par Rodrigo Beenkens

Avec le recul, je me dis que ce ne sont pas tellement les écarts, contenus, qui interpellent (Quintana termine à 29 secondes, Nieve et Rodriguez à 1 minute 23), mais bien les impressions visuelles dont Froome imprègne nos rétines pour déborder dans notre subconscient. C’est particulier la façon avec laquelle il lâche Contador en plein virage... Assis! Plus loin, il remet le couvert contre un pur grimpeur, Quintana.

Son style est pour le moins particulier. D’aucuns disent même qu’il n’a pas de style. Cyrille Guimard le décrit de façon savoureuse: "Un scarabée sur une pelle chaude"!

Toutefois, dès qu’un coureur domine les autres, le passé nous invite à devenir dubitatif. Ce qui ne veut pas dire que le coureur en question soit coupable, le doute n'implique pas la culpabilité. Toute la problématique, en fait, c’est de savoir si on doit s’enthousiasmer ou pas. Si on a tort ou raison d’exprimer nos sentiments de joie. Sur Froome, on aura peut-être une réponse dans dix ans. Je n’en sais rien. En revanche, j’ai pris le parti de m’enthousiasmer pour les paysages et les sourires des spectateurs, heureux de communier.

Cela dit, je ne peux m’empêcher de constater que l’athlétisme n’est pas épargné non plus par le dopage. A entendre les commentaires surpris à propos de Gay, de Powell, je replonge quinze ans en arrière, avec l’affaire Festina, avec exactement les mêmes mots qui résonnent.

Rodrigo Beenkens

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