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Le conseil d’Etat flingue le projet des sociétés de tir à la perche de Plombières

Une tradition de la région des Trois-Frontières, le tir vertical au flobert ou à la grosse

La défense du folklore justifie-t-elle de s’asseoir sur les décrets et règlements d’urbanisme ? C’est la question de fond dans cette affaire. Depuis une dizaine d’années, cinq sociétés de tir de l’est de la province de Liège se sont unies pour tenter de construire un lieu d’accueil pour leurs tournois de tir à la perche. Elles comptent plus de trois cent cinquante membres. 

C’est un sport local. Il s’agit de place des cibles, des boules ou des cubes, en haut d’un mât de douze ou quatorze mètres, et de tirer dessus à la carabine flobert ou à la "grosse", d’un calibre de trente-six millimètres. C’est une tradition héritée parfois du Moyen Âge, qui se pratique en extérieur : la saison se déroule généralement d’avril à août, souvent en fonction des fêtes patronales de chaque village. Les associations à l’origine du projet auraient voulu, dans la dernière mouture du dossier, soutenu par diverses autorités communales, s’implanter sur une parcelle située en zone agricole. Et c’est le problème.

Sur ce type de terrain, ce genre d’activité récréative est interdite, sauf à obtenir une dérogation particulièrement motivée. Le gouvernement wallon a délivré le permis, au nom de la défense de l’intérêt général. Mais un voisin a introduit un recours, notamment à cause du risque de nuisances sonores. Et les magistrats viennent de considérer que, globalement, l’autorisation n’a pas été suffisamment argumentée. D’où une annulation. Les promoteurs ne savent pas s’ils vont réintroduire leur demande, ou… changer leur fusil d’épaule. .

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