Economie

Le chef de la diplomatie allemande soutient Athènes avant une dure semaine

Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle (D) et son homologue grec Stavros Dimas, le 15 janvier 2012 à Athènes
15 janv. 2012 à 21:06Temps de lecture3 min
Par AFP

"Je veux dire au peuple grec que nous pouvons résoudre les problèmes ensemble" a dit M. Westerwelle après avoir rencontré son homologue grec dimanche soir.

"Je souhaite lui apporter un message d'encouragement, tout en lui disant que nous souhaitons la poursuite des difficiles réformes", a-t-il ajouté après avoir exprimé son "respect" et sa "solidarité" pour les réformes déjà menées "dans une période si difficile".

Après la dégradation de neuf pays de la zone euro, dont la France, par l'agence Standard and Poor's au soir du vendredi 13 janvier, le ministre a jugé "importante" la création d'agences de notations financières "indépendantes" et "européennes".

Il n'a pas souhaité s'exprimer sur la délicate négociation -dite PSI- entre le gouvernement grec et ses créanciers privés, qui ont été suspendues vendredi soir en raison d'un différend apparent sur les taux d'intérêt que devra payer Athènes sur les nouvelles obligations qu'elle émettra, après l'effacement de 50% de sa dette privée.

Les banques, engagées dans un bras de fer avec les Européens sur l'effacement de la moitié de la dette grecque qu'elles détiennent, ont menacé de revenir sur leur engagement d'opérer une restructuration volontaire pris fin octobre. Faute d'accord, une faillite incontrôlée du pays pourrait intervenir dès la fin mars. Ce qui plongerait la zone euro dans une crise encore plus aigüe.

"Nous croyons que les négociations qui vont reprendre se termineront sur un succès, c'est ce qui est imposé par la logique et l'intérêt", a pour sa part souligné le ministre grec des Affaires étrangères, Stavros Dimas, qui s'est félicité de l'engagement de l'Allemagne aux côtés de la Grèce.

M. Westerwelle a également rencontré le Premier ministre Lucas Papademos et le chef du parti de droite Antonis Samaras qui fait partie de la coalition gouvernementale d'union nationale. Ce parti est également en tête des sondages pour les prochaines élections générales.

Selon le journal Kathimerini, les négociations suspendues vendredi soir butaient sur les taux d'intérêt réclamés par les banques, jugés excessifs côté grec.

Les négociateurs du secteur privé insistent sur un taux de 5% pour les nouvelles obligations qu'ils recevront en échange de leurs anciens titres, alors que leurs interlocuteurs grecs ne veulent pas qu'il dépasse 4%, a indiqué le journal dans son édition dominicale.

L'Allemagne préconise un taux d'interêt encore plus bas, 2 ou 3%, tandis que le Fonds monétaire international (FMI) se prononce pour un taux ne dépassant pas 3,8%, afin que la Grèce soit capable de supporter le poids de sa dette dans le futur, selon le journal.

La réunion entre les représentants du gouvernement grec et des créanciers privés prévue mercredi est maintenue.

"Nos interlocuteurs de l'Institut de la Finance Internationale (qui mène les négociations du côté des banques) reviendront mercredi et notre objectif est l'adoption d'un format général avant la prochaine réunion de l'Eurogroupe le 23 janvier", a déclaré samedi le ministre grec des Finances, Evangelos Venizelos.

De leur côté, des responsables de la "troïka" des créanciers du pays (Commission européenne, Banque centrale européenne et FMI) sont attendus mardi à Athènes où ils doivent évaluer les efforts entrepris par la Grèce pour diminuer son déficit et mettre en oeuvre des réformes structurelles.

Un rapport positif de la troïka est vital pour l'obtention par la Grèce d'un nouveau programme de prêts de 130 milliard d'euros, alors que le pays a déjà dépensé les deux-tiers des 110 milliards d'euros qu'il avait reçus de l'UE et du FMI en mai 2010.

Si elle résoud son équation financière immédiate avec les banques, la Grèce doit aussi trouver le moyen de reconstruire vite son économie, souffrant d'une récession aggravée par les mesures d'austérité mises en place pour réduire les déficits.

La chancelière allemande Angela Merkel a estimé dimanche que la Grèce avait la capacité de reconstruire son économie par des réformes structurelles en dépit des mesures d'austérité qu'elle a dû subir.


AFP