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Le Cercle : 1. Your True Colors

Le Cercle : 1. Your True Colors
28 avr. 2013 à 10:48Temps de lecture2 min
Par Jacques Schraûwen

Le cercle : c’est une espèce de club, très fermé, qui ne rassemble que des gens qui, tous, possèdent un pouvoir supra naturel. Un pouvoir qui, tout compte fait, ne fait pas d'eux, loin s’en faut, des êtres humains totalement différents des autres. Ils sont " à part ", certes, mais conscients que ce qu’ils sont leur appartient en propre et ne peut se partager. Et  dans ce cercle, la mort se met à frapper !

Le Cercle : 1. Your True Colors
Le Cercle : 1. Your True Colors © Tous droits réservés

Nous sommes dans un univers qui fait, immédiatement, penser aux bandes dessinées américaines. Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Si des êtres exceptionnels peuplent les pages de cette histoire, qui doit se décliner en trois volumes, ils sont traités à l’européenne bien plus qu’à l’américaine. Les codes venus des USA sont présents essentiellement dans la construction.

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Le Cercle : 1. Your True Colors © Tous droits réservés

Dans les comics d’outre-Atlantique, l’action est toujours au centre de l’intrigue, de l’histoire racontée. Et que ce soit au niveau du graphisme comme du scénario, c’est elle qui est le moteur premier du récit. C’est elle qui permet des plans souvent démesurés, des rebondissements toujours spectaculaires, au premier sens du terme. Dans " Le Cercle ", rien de tout ça ! L’action existe, mais elle passe au second plan. L’important, c’est l’histoire.

Le Cercle : 1. Your True Colors
Le Cercle : 1. Your True Colors © Tous droits réservés

En fait, ce qui est au centre de tout dans " Le Cercle ", ce sont les différents personnages mis en scène par Andoryss, la scénariste, et Nesskain, le dessinateur. Ce dernier ne tombe pas dans le travers qui aurait pu dénaturer le propos de sa scénariste, à savoir démesurer ses dessins, faire de son graphisme un copier-coller de ce qui se fait par exemple chez Marvel. Son graphisme, réaliste, aime à s’attarder sur les visages, aime passer d’un décor fouillé à un décor minimaliste, pour accompagner plus que transfigurer l’histoire racontée. Pour le dessinateur comme pour la scénariste, ce sont d’abord et avant tout les protagonistes qui se doivent d’être centraux, et cela va jusque dans la manière dont sont construits les dialogues. Chaque personnage parle d’une manière totalement personnelle, et les différences de langage accompagnent, ainsi, celles des réalités vécues par chacun.

Le Cercle : 1. Your True Colors
Le Cercle : 1. Your True Colors © Tous droits réservés

Ce qui m’a séduit dans ce premier volume d’une série qui doit en compter trois, c’est l’absence voulue de tape-à-l’œil, c’est cette espèce d’intimisme qui permet de s’approcher au plus près des personnages. C’est aussi cette présence des tueurs, des méchants, les entités neutres, qui ont, eux, le pouvoir de la manipulation. Et leur présence, d’une certaine manière, peut se comprendre comme une métaphore de ce qu’est la vie, de ce qu’est notre monde.

C’est donc une bonne surprise que cet album, qui possède un sens du récit qui s’accompagne d’un graphisme classique. On s’y plonge dans un monde qui est le nôtre, avec la présence d’un " fantastique " bien maîtrisé. Un fantastique quotidien, en quelque sorte. Une bonne surprise, oui, et une lecture agréable !

 

Jacques Schraûwen

 

Le Cercle : 1. Your True Colors (scénario : Andoryss – dessin : Nesskain – éditeur : Delcourt)

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