Belgique

Le centre de psychiatrie légale de Gand sera géré par le secteur privé

L'oeuvre d'un patient exposée à la galerie "Parnassiart"
04 avr. 2014 à 10:28 - mise à jour 05 avr. 2014 à 09:36Temps de lecture2 min
Par Belga News

Le centre de psychiatrie légale de Gand sera une institution sécurisée de 272 lits (dont 8 lits de crise), où des internés seront soignés comme dans un établissement psychiatrique fermé. Le financement sera assuré en partie par le Justice (logement et sécurité) et en partie par l'INAMI (soins, médicaments et honoraires médicaux). L'institution peut être comparée à un hôpital psychiatrique, mais bénéficiant d'un niveau élevé de sécurisation, selon un communiqué.

On sait qu'actuellement, ce type de soins fait cruellement défaut dans les prisons. D'ailleurs la Flandre ne dispose pas à ce jour d'un telle institution spécialisée. Il a été décidé d'en créer deux, une à Gand et l'autre à Anvers. Au total, l'offre atteindra 452 places.

Le but de ces centres est de fournir, dans un environnement sécurisé, un traitement psychiatrique adéquat et des soins adaptés, d'oeuvrer pour la réinsertion psychosociale et de veiller au passage des internés vers le circuit régulier.

L'offre d'un consortium privé préférée

En ce qui concerne l'exploitation du CPL de Gand, deux candidats ont participé à la procédure, le Consortium Sodexo-Parnassia Groep et l'ASBL Platform Forensisch Psychiatrisch Centrum Gent (PFPCG). Les offres des deux candidats ont été cotées à raison de 40% pour le critère financier et de 60% pour le critère qualité. Le conseil des ministres a donc décidé hier de confier la gestion du centre gantois au consortium privé.

Le Parnassia Groep possède une expertise sur le plan des soins de santé clinique. Quelque 8000 de ses collaborateurs sont actifs en 560 lieux aux Pays-Bas.

La ville de Gand faisait partie d'une autre groupement, qui était aussi candidat à l'exploitation du centre. Candidat malheureux, donc, mais qui proposait un encadrement plus conséquent : 10 soignants pour 10 internés. Le consortium privé, lui, ne prévoit que 7 soignants pour 10 patients. Soit le minimum requis.

Cette exploitation privée inquiète le bourgmestre de Gand

Daniel Termont se demande si le gouvernement a reçu les garanties suffisantes du consortium sur la façon dont les internés seront soignés. "En tant que socialiste et bourgmestre, je me fais beaucoup de soucis", a déclaré le maïeur gantois qui dit se joindre à "ceux qui expriment leur préoccupation sur le fait que cette forme de soin de santé soit privatisée".

Daniel Termont se demande si le gouvernement a reçu les garanties suffisantes du consortium sur la façon dont les internés seront soignés. "Je me pose de grandes questions. N'est-ce pas la première étape vers la privatisation de l'ensemble du secteur pénitentiaire ?", a-t-il ajouté.

Belga

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