Le but de l'isolement en retour de zone rouge est d'éviter "un scénario qu'on a vu lors des vacances de printemps", justifie De Croo

Invité : Alexander De Croo - 1ère Partie

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30 déc. 2020 à 19:23 - mise à jour 30 déc. 2020 à 19:23Temps de lecture3 min
Par M.F.

Un comité de concertation exceptionnel a été convoqué ce mercredi. À la table se sont réunis les ministres président des différentes régions du pays ainsi que les plusieurs ministres fédéraux et le Premier ministre, Alexander de Croo. Résultat des courses : les Belges de retour d’un pays situé en zone rouge devront se soumettre à une quarantaine et effectuer un test PCR afin de garantir qu’ils ne sont pas porteurs du coronavirus.

Une mesure surprise aux yeux de certains qui traduit la crainte des dirigeants belges à l’approche de la fin des vacances de Noël et donc des potentiels retours de vacances à l’étranger.

Le variant britannique en ligne de mire

"On a toujours été clair que les voyages non essentiels à l’étranger étaient vivement déconseillés", martèle le chef du gouvernement de notre pays. Il s’inquiète toutefois des évolutions récentes du virus lui-même mais aussi de la situation dans les pays qui entourent la Belgique. Le variant du virus détecté en Grande-Bretagne il y a près d’une semaine serait par exemple, selon les premières études, entre 50 et 74% plus transmissible que les précédentes formes observées du Covid-19.


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"On voit aussi qu’il y a des taux de contaminations qui restent assez bas, grâce aux efforts de tout le monde", concède l’élu libéral flamand. Mais il s’adresse principalement aux personnes qui, malgré les appels à la prudence des autorités qui n’ont jamais changé de cap en déconseillant toujours de sortir des frontières belges, ont décidé de partir en vacances en zone rouge. "On veut être clairs", tranche-t-il. Et cette clarté se traduit par une obligation, ferme et formelle de s’isoler après ses vacances et de se soumettre, à deux reprises à un test anti-Covid.

"Nous vivons dans une situation qui évolue extrêmement rapidement et nous sommes confrontés à des évolutions récentes." Si la situation inquiète les autorités belges c’est car notre pays semble encore relativement épargné lorsqu’on observe les taux de contaminations qui s’affolent dans certaines régions frontalières, alors que la Belgique faisait encore office de mauvais élève il y a quelques mois. "On ne demande pas ça pour embêter les gens dans leur vie quotidienne, on le demande car on est conscients du fait qu’il y a un danger et on ne voudrait pas importer en Belgique une nouvelle variante du virus ou qu’on soit dans un scénario qu’on a vu dans le passé lors des vacances de printemps."

Comment garantir le respect des règles ?

Mais de nombreux citoyens se posent la question de savoir comment les touristes qui ont été attirés par des destinations plus dépaysantes que la Belgique vont être repérés et ensuite contrôlés afin de garantir qu’ils respectent bien les règles. Il existe déjà le PLF, passenger locator form, ce formulaire que l’on doit remplir si on a séjourné plus de 48 heures à l’étranger. Mais dans la pratique, rares sont les personnes qui ont déjà été contrôlées lors d’un retour de vacances en voiture ou en train.

"Le contrôle du PLF se fait déjà aujourd’hui dans nos aéroports et on continuera à le faire", insiste pourtant Alexander De Croo avant de préciser que sur les routes, ce seront des contrôles "spotchecks" qui seront organisés, c’est-à-dire des contrôles surprises et localisés. "Par rapport à la quarantaine, ce sont les inspecteurs de santé des entités fédérées qui ont le pouvoir de contrôler si les quarantaines sont respectées", ajoute-t-il.


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Mais alors, et de nombreuses voix s’étaient déjà fait entendre à ce propos lors de la première vague, pourquoi ne pas simplement couper les vannes et fermer les frontières de la Belgique. Cela garantirait qu’aucun Belge ne sorte et ne rentre sur le territoire mais plus aucun voyageur international ne pourrait non plus pénétrer dans nos frontières. À cette idée, le Premier ministre répond par la négative : "La Belgique est un nœud international, nous avons plein d’instances internationales, d’entreprises internationales, la Belgique doit rester accessible pour des voyages essentiels, pour des voyages qui ont un but professionnel."

Alors il faudra bien se faire à cette idée : outre les réservations, les locations et autres activités, partir en vacances aura dès ce 31 décembre un nouveau coût, une quarantaine obligatoire et deux tests PCR à votre retour. Reste à savoir si la mesure sera plus respectée maintenant que le gouvernement a, à nouveau, tapé sur le clou.

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