Et Dieu dans tout ça?

Laurent Voulzy : "Les cathédrales sont déjà des prières"

Laurent Voulzy publie Mes cathédrales, chez Stock
18 avr. 2022 à 05:30Temps de lecture3 min
Par RTBF La Première

Laurent Voulzy aime se réfugier dans les églises. Il aime chanter dans les cathédrales. Il estime d’ailleurs que ces lieux "initient nos âmes". Depuis ses 18 ans, il note ses rêves. Pourquoi ? Qu’est-ce qu’il y puise ? Quelles sont les croyances de celui qui se dit 'sensible à l’invisible' ? Le chanteur nous propose de fréquenter quelques cathédrales où il aime retrouver silence et introspection.

"Ces monuments familiers qui dominent la plupart des grandes villes de France recèlent des mystères profonds, des histoires immémoriales effacées des mémoires, des sagas fabuleuses dont les visiteurs n’ont pas idée. Les cathédrales et les abbatiales, sont connues de tous, mais personne ne les connaît vraiment. Au fil des concerts, je les ai presque toutes explorées, avec l’aide des érudits locaux, toujours prévenants, toujours passionnants. Le rock mène à tout, même au savoir mystique. Ce tour de France de l’énigme, ce pèlerinage agnostique mais fascinant, cette promenade aux frontières de l’esprit, je vous propose de les faire avec moi."
 

Le livre de Laurent Voulzy, Mes cathédrales, vient d’être publié chez Stock, avec la collaboration du journaliste Laurent Joffrin.

Depuis son enfance, Laurent Voulzy est passionné par le Moyen Âge. Et depuis quelques années, il sillonne la France pour se produire en concert dans les cathédrales et les abbatiales.

Les cathédrales, pour moi, sont des vaisseaux spatiaux qui nous obligent à regarder ailleurs, dans une autre dimension.

Les cathédrales initient nos âmes, écrit-il.

"Je trouve que les cathédrales sont déjà des prières. Quand vous rentrez dans une cathédrale, c’est déjà une prière. Vous n’avez rien à faire : vous entrez et déjà, vous grimpez d’un cran. Dans les églises aussi, bien sûr. J’ai une passion pour les cathédrales, parce qu’il y a énormément de gens qui ont travaillé dessus, les architectes, les maçons, les gens qui ont mis leur empreinte, des choses mystérieuses qu’on ne comprend pas…"

Force et éternité

Laurent Voulzy est donc un homme qui prie. "C’est peut-être les moments où je suis le plus croyant. Je doute, je cherche, j’aimerais avoir la révélation, j’aimerais avoir une certitude. Probablement pour être apaisé. En faisant cette tournée dans les églises, dans les cathédrales, les abbayes, j’ai rencontré des soeurs, des moines, des prêtres et j’en vois certains qui vous transmettent quelque chose par leurs yeux. Des fois, il y a une force. J’ai vu des soeurs au Mont Saint Michel, j’ai vu des anges…"

"Josquin des Prés, Pierre de La Rue, Guillaume de Machaut, Monteverdi… entendre ces musiques me bouleverse. J’écoute beaucoup ces musiques le soir, avant de m’endormir : ça me rééquilibre, j’ai l’impression d’être dans la vérité, d’être dans quelque chose d’éternel."

Les cloches aussi sont pour lui un chant d’éternité. "C’est un son tellement apaisant, surtout à la campagne. Je trouve ça éternel, c’est la vraie vie, quoi."

Il y a des choses derrière les choses, dit-il. Il note ses rêves depuis octobre 1980. "Je pense qu’il y a des rêves qui viennent de nous et des rêves qui viennent d’ailleurs, comme des messages."
 

Courants telluriques et sacralité

Laurent Voulzy a eu l’occasion de rencontrer, à la Collégiale de Huy, Chantal du Ry, une historienne qui s’intéresse aux courants telluriques qui traversent les édifices religieux et notamment les cathédrales.

Ce n’est pas parce qu’il y a une église que le lieu est sacré, explique-t-elle. C’est le contraire. C’est parce que le lieu est sacré qu’on y implante une église. Et cette reconnaissance d’un lieu sacré par l’homme va de pair avec l’acceptation d’une énergie, qui, une fois canalisée à un endroit précis, va pouvoir faire des miracles et permettre à l’homme de se transcender. Il va falloir canaliser en lui, en conscience, les énergies telluriques et les énergies cosmiques, ça s’appelle de la géobiologie sacrée. 

C’est un savoir médiéval, mais aussi antique, qui est tout à fait initiatique. C’est une opération dans laquelle le cerveau n’a aucune action. Etre relié à ces forces naturelles, qui sont considérées comme sacrées depuis la nuit des temps, en être pénétré, c’est ça l’initiation. On utilise les baguettes de sourcier, la radiesthésie, etc., depuis la nuit des temps, pour les repérer.

"Qu’il y ait des courants telluriques, des forces telluriques, je le crois de plus en plus, dit Laurent Voulzy. […] Est-ce pour cette raison que j’aime chanter dans les cathédrales ? Je ne saurais pas répondre. En tout cas, ce qui est vrai, c’est que j’adore y être."

Ce sont des endroits forts. Ils ont leur propre personnalité. Les cathédrales, les églises ont une personnalité. En tout cas, une force qui leur est propre et qui vous imposent une certaine conduite. Dans une église, vous ne pouvez pas jouer n’importe quoi. Pas parce que c’est un blasphème, mais parce qu’il faut être en harmonie avec les lieux, poursuit-il.
 

Laurent Voulzy raconte aussi l’expérience mystique qu’il a vécue en composant la musique sur le poème Ma seule amour de Charles d’Orléans, poète du 15e siècle, ou encore en écrivant Jeanne. C’est dans Et dieu dans tout ça, ici…
 

Et dieu dans tout ça ?

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