Culture & Musique

LaSemo samedi : terrain de jeu idéal pour Barcella et Cédric Gervy

Barcella
14 juil. 2013 à 10:32Temps de lecture3 min
Par François Colinet

Ce samedi, les festivités démarrent dans le train. Le beau temps invite au voyage et les wagons se remplissent, un peu plus à chaque arrêt, de campeurs arcs-en-ciel et autres amoureux dont les lèvres ne se décollent, à regret, qu'au son strident de la porte qui se referme. En à peine 30 minutes, on est aux portes du parc, bien plus efficace que nos polluantes voitures. Une envie pressante nous fait entrer dans la gare mais les toilettes pour personnes handicapées sont fermées et, évidemment, le guichetier n'a pas la clé ! Ce serait presque marrant si cela n'arrivait pas aussi souvent. C'est bien connu, quand on n'a pas de jambes, on a par contre une vessie sur-dimensionnée !

Cédric Gervy, prophète en son petit pays !

Arrivé bien plus tôt que la veille, on apprécie la beauté de cet endroit gigantesque. Premiers stigmates du temps qui passe, quelques corps sont nonchalamment échoués sur l'herbe. Plein soleil et plein sommeil malgré (ou peut-être à cause de) l'heure presque matinale. Un peu plus loin, les chapeaux, chemises ouvertes et bikinis sexys s'amassent pour attendre leur héros du jour. Cédric Gervy, habitué du festival y sera acclamé comme une rock star. Et prendra son pied comme jamais.

 

C'est mille fois mérité pour ce prof de langue, amoureux de la syntaxe, qui dépeint avec gravité et malice les vices, plus ou moins profonds, de notre monde en quête de cohérence. Les jeux de mots fusent et le public réagit au quart de tour. On ne voit rien ! Plongé dans la masse il nous faudrait une chaise d'arbitre pour l'apercevoir mais on participe aux délires de l'intérieur. Quelques jolies petites nouvelles viennent agrémenter un programme fait de valeurs sûres. Parmi nos préférées "Bonne année quand même" éternellement remodelée en fonction de l'actualité, "Playstation", son tube au moins planétaire et puis "Walibi" irrésistible regard sociologique sur le domaine du Kangourou.

Barcella remet le couvert

A peine remis, on va prendre une deuxième dose d’enthousiasme avec Barcella le récidiviste qui avait déjà fait danser LaSemo l'année dernière.

Son album "Charabia" a fait partie de notre top 2012 et reste un must absolu ! Entre slam, ragga et chanson, il offre une vraie performance vocale avec une diction d'une bluffante précision. Il ne se contente pas d'être un amuseur percutant, il écrit magnifiquement bien. Une poésie qui vise juste, remplie de métaphores et de mots doux. La douceur de Renan Luce et l'espièglerie d'Aldebert ne sont pas loin. On en redemande, vivement les Francos de Spa !

Le grand Jojo ??...Emilie Gassin !!

Emilie Gassin
Le Grand Jojo

Retenez son nom, la jeune australienne Émilie Gassin ira loin. ! Alors que son premier EP sort à la rentrée, son single "A little bit of love " fait mouche avec ce groove dans la voix qui fait un clin d’œil à Ayo. Découverte en première partie de Cali, puis de Bénabar, elle fait chavirer notre cœur de guimauve sur "Summertime road" seul à la guitare. Son répertoire était en parfaite adéquation avec le beau soleil de ce samedi. On retrouve chez elle la décontraction australe et les accents cô(co)tiers d'un Jack Johnson. La mer et le sable fin ne sont pas loin. On a eu le privilège de la rencontrer pour une interview tout sourire que l'on vous proposera à la rentrée...

Vient alors, l'énigme de la soirée. Que penser de ce "revival" insensé sur la vie et l’œuvre du Grand Jojo ? Avec le temps, la qualification des Diables Rouges pour une Coupe du monde était devenue aussi improbable que ce retour en grâce de l'amuseur public numéro un.

Mais tout vient à point à qui sait attendre. Voici les Diables presque au Brésil. Le Grand Jojo peaufine sa popularité pour ce grand rendez-vous de 2014 ! Si ce retour est un coup de maître de sa maison de disque, peut-on en dire autant de sa prestation scénique ? Certes les musiciens tiennent la route, l'option cuivre est bien choisie et on se surprend à danser un coup. Mais bon, les farandoles sur "Jules César", "Angelina" ou "Sergent Flagada" très peu pour nous merci ! Les gens s'amusent, c'est hyper bon enfant et on ne doute pas un instant qu'il remplira Forest National avec un tel répertoire. De là à crier au génie musical...On préfère s'en aller le cœur léger pour boire un coup, loin de la cohue parce qu'après toutes ces cabrioles : "Chef, on petit verre, on a soif !"

François Colinet

En Concert :

Cédric Gervy dans les " Vitrines des Francos " du 17 au 21 juillet à Spa (gratuit)

Barcella aux Francofolies de Spa le 18 juillet et au Festival des Solidarités, à Namur, le 8 septembre.

Le Grand Jojo à Forest National le 14 décembre.

 

 

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