Chroniques

"La prochaine fois je viserai le cœur", Guillaume Canet à contre-emploi

L'affiche de "La prochaine fois je viserai le coeur"
12 nov. 2014 à 15:55Temps de lecture3 min
Par Hugues Dayez

La prochaine fois je viserai le cœur

Ce titre est extrait d’une lettre écrite par celui qu’on surnomma le "tueur de l’Oise" : à la fin des années 70, un maniaque terrorise cette région de France en agressant des jeunes femmes, les blessant grièvement, les tuant parfois… Si ce fait-divers a intéressé le cinéaste Cédric Anger, c’est à cause de l’identité du maniaque, qui n’était autre qu’un des gendarmes qui menait l’enquête ! Dès le début de son film, Anger évacue le suspense et épouse le point de vue du tueur. "La prochaine fois…" est le portrait d’un mystérieux schizophrène : dans son habit de gendarme, Frank galvanise son équipe, est déterminé à trouver le coupable; en civil, il prend des voitures de location pour attirer des autostoppeuses dans ses filets…

Anger a eu l’excellente idée de confier ce rôle trouble à Guillaume Canet. A 41 ans, le "beau gosse" du cinéma français quitte les rôles un peu lisses qui ont bâti sa popularité et incarne cet inquiétant gendarme avec une très convaincante sobriété. Travaillant avec un budget modeste (le thème sulfureux du film rebutait la plupart des chaînes de télévision), le réalisateur reconstitue la grisaille de l’Oise dans la France assoupie de Giscard avec une étonnante justesse. C’est bien simple : on finit par croire que "La prochaine fois…" a été vraiment tourné dans les années 70 ! Polar d’une grande maîtrise, le film devrait valoir à Canet une nomination aux prochains Césars…

"La prochaine fois je viserai le coeur"

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White bird in a blizzard

Dans un petit pavillon d’une banlieue américaine, une mère de famille disparaît. Le récit de cette disparition est narré par sa fille, Kat, 17 ans. Avec des flashbacks, on comprend vite que la mère de Kat étouffait dans son mariage, multipliant les colères et les déprimes… Comment expliquer sa disparition ? Accident ? Suicide ? Meurtre ? Le mystère demeure, et hante Kat qui essaie de trouver son chemin, à la fois dans ses relations sentimentales et dans son parcours d’étudiante.

Dans "White bird", on retrouve le meilleur du cinéma de Gregg Araki, figure importante de la création indépendante américaine, à savoir un sens du cadre et des couleurs pour créer des atmosphères légèrement décalées. Ce qui n’aurait pu être qu’un teen movie de plus devient, grâce au style d’Araki, un drame envoûtant, une radioscopie ironique de la face sombre de l’american way of life. La musique aérienne du fondateur de CocteauTwins, l’interprétation spirituelle de Shailene Woodley ("Divergente") et d’Eva Green… tout concourt à faire de "White bird" un film mémorable.

Respire

Charlie est une adolescente sage et sensible qui vit avec sa mère (Isabelle Carré). Débarque dans sa classe au milieu de l’année scolaire Sarah, charismatique, effrontée, pleine de vie. Charlie est subjuguée par Sarah, largue sa plus fidèle amie pour passer le plus clair de son temps avec elle. Mais Sarah est d’abord et surtout une grande manipulatrice et, une fois qu’elle a attiré Charlie dans ses filets, elle va commencer à souffler le chaud et le froid avec elle, jusqu’à la déstabiliser complètement.

"Respire" est le deuxième film réalisé par l’actrice Mélanie Laurent. Elle s’est inspirée d’un très subtil roman d’Anne-Sophie Brasme. Dans la première partie du film, Laurent patauge : la mise en place des personnages, autour du duo féminin principal, est poussive et brouillonne. Et puis, presque miraculeusement, la force dramatique s’intensifie lorsque le jeu de manipulation de Sarah fait son œuvre. Mélanie Laurent est – il faut le souligner – bien aidée par deux excellentes jeunes comédiennes : Joséphine Japy et Lou de Laâge sont d’une justesse étonnante.

RESPIRE Bande Annonce

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Hector and the search for happiness

Hector, psychanalyste londonien, la quarantaine venue, décide de se lancer dans une grande recherché: définir le bonheur. Pour ce faire, il va se lancer dans un grand périple aux quatre coins du monde. Il va ainsi rencontrer un banquier richissime à Shangaï, un médecin humanitaire en Afrique, un moine thibétain, un baron de la drogue en Colombie…

Hector, c’est Simon Pegg, véritable star comique en Angleterre avec son complice Nick Frost - les deux compères ont, pour mémoire, incarné les Dupondt dans le "Tintin" de Spielberg. – Le début du film, plein de fantaisie, multiplie d’ailleurs les clins d’œil à l’œuvre d’Hergé. Mais cette fantaisie sympathique cède progressivement la place à une tonalité nettement plus irritante. Car les secrets du bonheur que récolte Hector ressemblent à des recettes de pseudo-philosophie new age, faussement profondes et déclinées comme des vérités fondamentales… Ouille !

Hector and the Search For Happiness Official US Release Trailer #1 (2014) - Simon Pegg Movie HD

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Hugues Dayez

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