La chute du diesel met au défi la filière automobile

Une personne fait le plein de diesel, le 31 décembre 2017 à Marseille
01 janv. 2018 à 14:09Temps de lecture1 min
Par AFP

La dégringolade du marché des voitures diesel, une motorisation encore encensée il y a cinq ans et désormais décriée, met au défi les groupes automobiles qui doivent revoir à la hâte leur organisation industrielle.

Pour la première fois depuis l'an 2000, le diesel a représenté l'an dernier moins de la moitié du marché automobile français, contre près des trois quarts à son apogée, en 2012. On vantait alors son avantage en matière d'émissions de CO2, l'un des principaux gaz à effet de serre.

Depuis, le diesel n'a cessé de décliner au profit de l'essence, subissant les critiques visant ses émissions de particules fines et d'oxydes d'azote, notamment depuis le scandale des moteurs truqués de Volkswagen.

La baisse touche l'Europe dans son ensemble et devrait se poursuivre, d'après les experts, dans un contexte de fiscalité moins favorable.

Considéré comme un spécialiste du diesel, le français PSA (Peugeot, Citroën, DS), qui a racheté Opel/Vauxhall l'été dernier, a adapté son offre. Mais son nouveau moteur essence trois cylindres, 1,2 litre turbo puretech, a rencontré une telle demande que ses usines françaises ont été prises de court.

PSA reconnaît que sur la période 2017/2018, il aura été contraint d'importer 150.000 blocs-moteurs de Chine où il dispose de capacités excédentaires.

"Ce n'est pas fait pour durer", souligne auprès de l'AFP Christian Chapelle, directeur des chaînes de traction et châssis de PSA. Le groupe démarre actuellement à Trémery, près de Metz, une nouvelle ligne de fabrication pour ce moteur jusqu'ici seulement fabriqué à Douvrin (Pas-de-Calais) et en Chine.

Le deuxième constructeur européen, qui réalise encore près de 57% de ses ventes en diesel, va doubler sa capacité de production pour ce moteur en France, de 350.000 à 700.000 unités par an. "Pour nous, la principale mutation? c'est de faire plus de motorisations essence pour remplacer nos moteurs diesel", résume Christian Chapelle.