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La "Boum 2" : l'organisateur à nouveau libre et des démarches entreprises auprès de Facebook pour neutraliser la page

Bois de la Cambre / Éviter une Boum 2

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27 avr. 2021 à 11:58 - mise à jour 27 avr. 2021 à 14:48Temps de lecture4 min
Par Patrick Michalle

L’initiative est assez rare mais une première approche vers Facebook destinée à supprimer la page "L’Abîme" aurait essuyé un refus de la plateforme car pas conforme à la procédure prévue. Mais ce ne serait que partie remise. En principe, c’est une autorité judiciaire, en l’occurrence le procureur du Roi qui peut solliciter l’opérateur pour demander ce retrait. Le fera-t-il pour tenter de limiter la participation à la concentration prévue ?

Certains sont partisans car sans cette page, l’effet "mobilisation" pourrait retomber rapidement, espèrent-ils, alors qu’à l’inverse l’émulation collective via cette tribune produit l’effet inverse. D’autres pensent plutôt qu’à surdimensionner la riposte anticipativement, on ne provoque une radicalisation des participants en donnant raison aux quelques excités qui rêvent d’en découdre avec la police. 

Pour l’heure, aucune décision ne semble prise au niveau du parquet mais tout peut évoluer tant la crainte existe que la mobilisation annoncée le 1er mai se traduise par des incidents sérieux sur le territoire de Bruxelles ville mais aussi des communes limitrophes.

Gérer l’espace public du Bois de la Cambre, un casse-tête pour le service d’ordre.

Du coté du bourgmestre Philippe Close, on réfute toute volonté de fermer les accès du Bois de la Cambre : "Venez au Bois de la Cambre, ce bois est là pour que les familles se rencontrent, pour se détendre, venir passer un bon moment, respirer, mais si vous y venez pour faire la fête, cela ne sera pas autorisé et la police sera présente".


►►► A lire aussi: Le collectif L'Abîme: "La Boum 2 peut se passer calmement. Si ça déborde, ce sera justement parce que ça aura été interdit"


Pas question toutefois d’agir de manière contraignante dans un premier temps : "On aura d’abord des stewards qui seront là pour expliquer les mesures que tout le monde connaît et si ces mesures ne sont pas respectées, alors la police interviendra". La situation est compliquée pour tout le monde précise Philippe Close raison pour laquelle il demande à la population de respecter les injonctions qui seront données samedi.

Un organisateur qui ne répond plus au téléphone et la rumeur d’une privation de liberté.

Des contacts à l’initiative du cabinet de la ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden ont finalement été établis avec l’organisateur sans qu’on sache réellement ce qui a pu se concrétiser. Car sur la page Facebook de "l’Abîme", la pression est montée d’un cran à l’annonce de "l’arrestation" du porte-parole désigné pour négocier.

Nous avons contacté Dave M, le gestionnaire de la page sur son portable, avec comme seule réponse, un message indiquant qu’il se trouve pour le moment en Thailande, ce qui est bien entendu invérifiable. Plusieurs messages ultérieurs adressés par mail, SMS et Whatsapp demandant qu’il nous confirme être libre de ses mouvements sont restés jusqu’ici sans réponse ce qui pourrait signifier qu’il n’est plus en mesure de contacter l’extérieur. Finalement le parquet de Bruxelles a mis un terme à l'incertitude en indiquant dans un communiqué qu'une interpellation de l'organisateur a bien eu lieu ce mardi matin et qu'il a pu quitter les locaux. Le "suspect" a été relâché après avoir été entendu ajoutant :"Si l’enquête devait établir son implication dans des infractions pénales, le parquet de Bruxelles déterminera, selon les directives de politique criminelle en vigueur, quelles suites judiciaires donner aux infractions commises".

La reproduction des incidents du 1er avril sans doute inévitable

Faut-il en conclure que la répétition des événements du 1er avril semble désormais inéluctable ou des négociations sont-elles en cours pour tenter quand même de limiter les dégâts ? Difficile de le savoir pour l’heure.

De part et d’autre, on veut avant tout sauver la face, pas de reculade du côté des organisateurs qui appellent au calme tout en indiquant qu’ils ne sont pas en mesure de contrôler un événement devenu viral sur les réseaux sociaux et dont personne ne semble plus en mesure de maîtriser les contours. Et du côté des autorités publiques, on ne veut pas donner l’impression d’agir sous la pression des événements.

Fermer la Cambre, c’est risquer de déplacer le problème avec d’autres risques importants

Mais comment s’y prendre pour gérer l’événement ? Fouiller les arrivants et saisir l’alcool ainsi que tout objet pouvant constituer une arme ? Envisageable comme lors d’un match à risque mais difficile à mettre en œuvre dans un espace ouvert qui n’a rien à voir avec un stade de football ou même avec un parc public entouré de grilles comme celui du Cinquantenaire ou du parc de Bruxelles.

Reste dès lors l’hypothèse d’une fermeture complète organisée bien en amont du Bois mais cela suppose un déploiement important de policiers et des inconvénients importants pour les riverains.

Et un autre inconvénient majeur car il entraînera des déplacements dans la ville vers d’autres lieux convenus sur les téléphones portables avec tout ce que cela suppose comme problèmes dans les rues et transports publics si des personnes sont sous l’influence d’alcool ou d’autres substances…

Sujet du JT 27/04/2021

Bois de la Cambre : ce n est pas le moment de faire la fête !

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