Biodiversité

L'UE allonge la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupantes

Le Xénope lisse (Xenopus laevis) - "un amphibien aquatique facile à élever en aquarium grâce à sa capacité de reproduction élevée et à sa résistance à la plupart des pathogènes."
14 juil. 2022 à 12:55Temps de lecture2 min
Par Estelle De Houck avec Belga

Vingt-deux nouvelles espèces végétales et animales ont été ajoutées mercredi à la liste de l'Union européenne des espèces exotiques envahissantes préoccupantes. L'objectif : "limiter l'impact négatif de ces espèces dans la mesure du possible." Jusqu'à présent, 66 espèces étaient inscrites, comme l'indique l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique. 

17 animaux et cinq plantes font désormais partie de la liste des espèces exotiques envahissantes préoccupante. Parmi ces nouvelles espèces, onze pourraient s'établir en Belgique dans les conditions climatiques actuelles. Trois sont d'ailleurs déjà établies : la renouée à épis nombreux et le célastre asiatique, ainsi que le xénope lisse - un amphibien souvent élevé en aquarium. 

Dans les conditions climatiques futures, cinq autres espèces pourraient s'établir, dont une a déjà été observée à l'état sauvage en Belgique (la laitue d'eau, une plante aquatique ornementale). Six espèces sont encore absentes d'Europe (entre autres la moule pygmée et trois des espèces de fourmis de feu du genre Solenopsis), mais elles ont été ajoutées à la liste pour assurer une vigilance accrue.

Laitue d’eau (Pistia stratiotes) - "une plante aquatique flottante qui est souvent introduite dans les étangs et mares de jardin comme plante ornementale."
Laitue d’eau (Pistia stratiotes) - "une plante aquatique flottante qui est souvent introduite dans les étangs et mares de jardin comme plante ornementale." Getty Images

Cette mise à jour entrera en vigueur le 2 août 2022 - les nouvelles règles et restrictions commenceront à s'appliquer à partir de cette date. "Cela ne signifie pas que le citoyen devra se débarrasser des animaux ou des plantes des espèces nouvellement listées qu’il possède, ni que ces organismes doivent tous être éradiqués", précise l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.

"Les animaux peuvent, en effet, être gardés en captivité jusqu'à la fin de leur vie naturelle, avec toutefois quelques restrictions : ils ne doivent pas pouvoir se reproduire et, bien sûr, ils ne doivent pas pouvoir s'échapper. Les plantes des espèces nouvellement inscrites à la liste peuvent actuellement rester dans votre jardin, mais vous devrez veiller à ce qu'elles ne se propagent pas dans la nature."

Serpent roi de Californie (Lampropeltis getula) - "une espèce de serpent originaire d'Amérique du Nord qui est populaire dans le commerce des "nouveaux animaux de compagnie" (NAC)."
Serpent roi de Californie (Lampropeltis getula) - "une espèce de serpent originaire d'Amérique du Nord qui est populaire dans le commerce des "nouveaux animaux de compagnie" (NAC)." Getty Images

A noter que pour quatre espèces, l'inscription sur la liste entrera en vigueur après une transition de deux à cinq ans. "Cela se justifie par l'utilisation des espèces pour la recherche scientifique (pour Xenopus laevis et Fundulus heteroclitus) ou pour tenir compte des investissements à long terme des pépiniéristes (pour Pistia stratiotes et Celastrus orbiculatus)."

"Pour les autres espèces, les magasins peuvent encore vendre leur stock actuel jusqu'à un an après l'inscription des espèces à la liste", indique l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique.

Qu'est-ce qu'une espèce exotique invasive ?

Les espèces exotiques invasives sont celles capables d'établir des populations pérennes et autonomes en dehors de leur aire d'origine, à la suite d'une intervention humaine. Elles constituent une menace importante pour la biodiversité, et potentiellement les services écosystémiques (comme la production végétale, la purification de l'eau ou la pollinisation), la santé humaine et l'activité économique. 

Le Célastre asiatique
Le Célastre asiatique Getty Images

Les États membres de l'UE doivent limiter leur impact négatif dans la mesure du possible. 

Précisons que toutes les espèces ne parviennent pas forcément à établir des populations viables, et encore moins à poser des problèmes aux espèces indigènes. "Environ 10 à 15 % des espèces exotiques arrivant en Europe deviennent envahissantes et localement surabondantes, souvent parce que les prédateurs ou les parasites qui les régulent normalement sont absents de leur nouvel environnement.

Loading...

Sur le même sujet

Pourquoi nous devrions nous inspirer de ces plantes qui produisent leur propre "aspirine"

Ecologie

Une COP "biodiversité" pour faire coexister l’Homme et 50.000 autres espèces sur la Terre

Environnement

Articles recommandés pour vous