L'opposition conteste un scrutin "discrédité" après la réélection du président centrafricain

L'opposition conteste un scrutin "discrédité" après la réélection du président centrafricain
05 janv. 2021 à 18:21Temps de lecture1 min
Par Belga

L'opposition centrafricaine contestait mardi la réélection du président Faustin Archange Touadéra, un scrutin qu'elle juge "discrédité" n'ayant permis qu'à un électeur sur deux de voter dans ce pays où la guerre civile est ravivée par une nouvelle offensive rebelle.

L'Autorité des élections (ANE) a annoncé lundi soir que le président sortant avait recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés dès le premier tour le 27 décembre, 53,92%, mais la Cour constitutionnelle a jusqu'au 19 janvier pour valider ce résultat après les recours annoncés par l'opposition.


►►► À lire aussi Centrafrique : un scrutin critiqué qui "jette de l'huile sur le feu"


Incertitudes

Le taux de participation, qui devait légitimer véritablement un second mandat du chef de l'Etat, élu en 2016, annoncé à 76,31%, ne comptabilise que 910.000 électeurs environ sur 1,8 million inscrits initialement.

Dans près de la moitié des bureaux, "le vote n'a pas pu avoir lieu ou bien les bulletins ont été détruits", a expliqué Théophile Momokoama, rapporteur général de l'ANE. L'opposition dénonce une "mascarade" entachée de "fraudes massives".


►►► À lire aussi Des rebelles détruisent des urnes au lendemain des scrutins en Centrafrique


"Une honte"

En ne comptant que 910.000 inscrits, l'ANE a "pris la responsabilité d'ignorer avec le plus grand mépris les 947.452 Centrafricains que la violence des groupes armés a empêché de voter", soit "51% du corps électoral", a affirmé dans un communiqué Anicet Georges Dologuélé, arrivé deuxième, avec 21,01% des voix. "Je ne reconnais donc pas ces résultats provisoires et déposerai un recours auprès de la Cour constitutionnelle", a-t-il annoncé, au diapason de plusieurs des 16 candidats d'une opposition qui s'est présentée dispersée.

"Je ne donne aucun crédit à ces résultats, c'est une mascarade, une honte pour notre pays", a renchéri Martin Ziguélé, troisième avec 7,46%.

Sur le même sujet