L'édito

Famille royale
29 juin 2012 à 06:01 - mise à jour 15 janv. 2013 à 07:11Temps de lecture2 min
Par Sandrine Pauwels

La royauté belge s'est rarement et aussi durablement retrouvée au centre des débats depuis le discours de Noël du roi Albert et surtout avec le tollé par la fondation mise sur pied par la reine Fabiola, Philippe Walkowiak.

Il faut pratiquement remonter à 1990 et à la mini-abdication-parenthèse de Baudouin refusant de signer la loi dépénalisant l'avortement pour retrouver la royauté et son fonctionnement aussi durablement dans l'actualité.

D'ailleurs déjà à l'époque, le monde politique avait convenu qu'il fallait revoir le fonctionnement de la royauté. Mais bien souvent, comme à chaque fois, des voix se sont élevées pour dire que " ce n'est pas le moment". Ce fut ainsi à chaque fois. Depuis 23 ans cela n'a jamais éte le bon moment. A croire que chacun craignait quelque peu de toucher au sujet. Pour les politiques, surtout les Francophones, vouloir débattre de la royauté c'est déjà parler de la fin de l'unité de la Belgique.

On a effectivement l'impression que parler du roi, de sa succesion ou de l'argent que cela coûte, cela reste tabou pour la classe politique.

Du côté des Francophones, il y a toujours bien quelqu'un pour dire que " ce n'est pas le moment" que "c'est faire le jeu des nationalistes flamands" ou qu' "il y a bientôt des élections". C'est d'ailleurs encore le cas cette fois-ci. On semble d'accord pour revoir la dotation de la reine Fabiola, mais pas question de parler du rôle du roi dans le fonctionnement de l'Etat ou d'une modernisation de la monarchie.

Reste à voir si le souhait de rentre plus transparente l'utilisation de l'argent des différentes dotations passera la rampe et sera effective avant la dissolution des Chambres en avril 2014.

Cela veut-il dire que la Royauté va s'inviter dans la prochaine campagne électorale?

Dans l'affaire Fabiola, la N-VA est restée très discrète. Depuis plusieurs années, la N-VA réclame un contrôle plus strict des dotations royales et devant les faits, les autres partis finissent par lui donner raison.

Lors du discours de Noël d'Albert II, la N-VA avait déjà remis en cause le rôle politique du roi. Un ressentiment largement partagé en Flandre où on verrait bien la monarchie a tout le moins cantonnée dans un rôle protocolaire.

Il ne faut pas perdre de vue et..

Ce n'est pas le moindre des paradoxes: la Belgique est aussi désormais un Royaume dont le premier parti est ouvertement républicain...

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