L'affaire Ferfaille, un meurtre en Belgique occupée

L'affaire Ferfaille, le dernier guillotiné en Belgique
29 déc. 2019 à 05:50 - mise à jour 29 déc. 2019 à 05:50Temps de lecture2 min
Par RTBF Fiction Digitale

Né à Menin en 1892, Emiel Ferfaille est garçon-boucher lorsqu’éclate la Première Guerre mondiale. Ayant fait son service militaire, il est rappelé sous les drapeaux et mobilisé au mois d’août 1914. A partir du mois de novembre, l’armée belge est repliée dans la région du Westhoek. 

Ferfaille est cantonné à Furnes ; il a la fonction de maréchal des logis fourrier. Il entretient alors une relation sentimentale avec Rachel Ryckewaert, une domestique de Furnes de 18 ans. Un peu à la légère, Emiel lui promet même le mariage. Mais lorsque la jeune fille se montre insistante sur le sujet, Ferfaille décide de se débarrasser d’elle. En réalité, il aurait une relation avec une autre femme et Rachel est devenue un obstacle ! Il tend un piège à la jeune Furnoise, la tue puis enterre sa dépouille. 

Cependant, le corps de la victime est découvert et les soupçons se portent rapidement sur Emiel, dont la relation avec Rachel était connue de tous. Reconnu coupable, il est jugé en janvier 1918 et condamné à mort. 

L'affaire Ferfaille, le dernier guillotiné en Belgique
L'affaire Ferfaille, le dernier guillotiné en Belgique Collection cartes postales de Belfius – Académie royale de Belgique

Octobre 1917, la Belgique occupée 

 

L’affaire Ferfaille se déroule dans un contexte très particulier. En octobre 1917, lorsqu’Emiel assassine Rachel Ryckewaert, la Belgique est en guerre depuis trois ans. Alors que la quasi-totalité du territoire national est occupée par les soldats allemands, l’armée belge résiste toujours, repliée dans le Westhoek. Le roi Albert, qui exerce le commandement des armées, veille à ce que ces hommes ne soient pas inutilement conduits à des combats qui s’apparentent à des carnages, comme le font les puissances alliées.

On peut s’étonner du fait que le souverain refuse d’user de son droit en grâce pour Ferfaille, grâce en général accordée jusqu’alors et commuée en prison à perpétuité. En réalité, le roi des Belges a voulu faire un exemple : il n’est pas question de mettre Ferfaille à l’abri en prison alors que ses frères d’armes endurent les pires épreuves. Cependant, lorsqu’il a fallu passer à l’exécution du jugement, un problème est apparu. Guillotines et bourreaux étaient indisponibles sur le territoire belge inoccupé !

Il faut ajouter ici que la peine de mort n’avait pas été appliquée en Belgique depuis plus d’un demi-siècle. C’est du côté de la France que viennent les solutions. Le président du conseil Clémenceau met le bourreau de la République à la disposition du gouvernement belge, qui accepte.

La France fournit également la guillotine destinée à faire appliquer la sentence. Mais au lieu d’utiliser celle qui sert régulièrement aux exécutions, entreposée à la prison de la Santé à Paris, on livre aux Belges une guillotine " de campagne " plus petite, dénichée à Douai. Escortés par l’armée belge, le bourreau français, ses adjoints et leur instrument font la route de Dunkerque jusqu’à la prison de Furnes. L’exécution par décapitation qui se déroule le 26 mars 1918 est la dernière de ce type organisée par les autorités belges. 

 

Cette affaire a inspiré 'La guillotine dans le sang’, une histoire écrite et racontée par Jérôme Colin.  
‘Noir Jaune Rouge – Belgian Crime Story’. Une collection de cinq fictions sonores inspirées par des histoires criminelles vraies qui ont émaillé le vingtième siècle belge. Ces histoires, écrites par cinq auteurs et autrices belges de l’équipe de l’émission ‘Entrez sans frapper’ sont racontées sous forme de nouvelles individuelles, en format ‘lecture d’histoire’. 

 

 

 

Une production RTBF Fiction Digitale pour La Première 

Noir Jaune Rouge - Belgian Crime Story

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