Politique

Koen Geens devant les députés: "Un ministre sert à encaisser, je suis un lion"

Koen Geens et Charles Michel ont été interpellé par l'opposition parlementaire
19 mai 2016 à 14:59 - mise à jour 19 mai 2016 à 14:59Temps de lecture3 min
Par A. Lechien

La situation dans les prisons, où un mouvement de grève est mené par de nombreux gardiens, a été au centre de la séance des questions orales ce jeudi à la Chambre. Le Premier ministre Charles Michel (MR) et le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) ont été interpellés au sujet de l'état de la Justice en Belgique.

La députée socialiste Laurette Onkelinx accuse Charles Michel : "La situation du pays qui se dégrade est le résultat de vos choix".

Au nom du cdH, Francis Delpérée  affirme que "le ministre de la Justice a jeté de l'huile sur le feu plutôt que d'éteindre l'incendie".

A son tour, le PTB Marco Van Hees interpelle le Premier ministre: "Certains disent qu'on ne vous entend pas. Mais vous, entendez-vous ce qui se passe? Allez-vous vous réveiller?"

Charles Michel remercie les directeurs de prison, les militaires et toutes les personnes qui veillent à faire fonctionner les prisons. "Nous mesurons combien la situation est difficile dans les prisons", poursuit-il.

Propositions aux syndicats

Charles Michel annonce que Koen Geens fera ce jeudi soir de nouvelles propositions aux syndicats des gardiens de prison.

Répondant devant les députés aux accusations portée sur le plateau de la RTBF par le plus haut magistrat du pays, Charles Michel déclare: "À mes yeux, la Belgique n'est pas un 'fail state', pas un État voyou. C'est une démocratie, un grand État de droit". "Nous sommes déterminés face à l'enjeu", dit-il encore.

"La justice est un pouvoir constitué et un service public, et doit être respectée comme telle",  dit Charles Michel tout en insistant sur l'indépendance de ce pouvoir mais aussi l'apparence d'indépendance qu'il devait observer pour conserver la confiance du citoyen. Dans ce cadre, il importe de conjuguer liberté d'opinion et devoir de réserve, estime-t-il, en soulignant qu'il appartenait à chaque magistrat d'apprécier comment concilier ces impératifs.

"L'autonomie n'est pas un chèque en blanc"

Le Premier ministre insiste sur les efforts qu'a consentis le gouvernement pour la justice, à commencer par la résorption de l'arriéré de factures du SPF Justice pour un montant de 160 millions d'euros. L'un des points qui suscite l'appréhension des juges est l'autonomie de gestion instaurée par une réforme de 2014. Charles Michel a soutient le principe d'une responsabilité des magistrats, à l'instar d'un bourgmestre ou d'un ministre. "L'autonomie n'est pas un chèque en blanc", ajoute-t-il.

A l'appel lancé par les chefs d'entreprise, Charles Michel répond par sa volonté de donner au comité de concertation, qui réunit les gouvernements fédéral, régionaux et communautaires, un plus grand rôle d'impulsion. Mercredi prochain, il lui soumettra son projet de campagne de communication destinée à restaurer l'image du pays à l'étranger.

A son tour, Olivier Maingain (DéFI) interpelle le Premier ministre: "Hissez-vous à la hauteur des circonstances. Ne vous contentez pas de dire que vous êtes déterminé". L'Ecolo Jean-Marc Nollet lui demande: "Qu'attendez-vous pour relancer toutes les forces vives?"

Charles Michel l'admet: "Oui, il y a des défis. Ce gouvernement a pris des initiatives claires. Ce n'était pas toujours évident".

Koen Geens: "Je suis un lion"

C'est au tour du ministre de la Justice de prendre la parole: "Je remercie les directeurs de prisons bruxelloises, wallonnes et flamandes. Nous sommes bien avancés dans les négociations" mais il n'en dit pas plus devant les députés.

Koen Geens répond à une interpellation du député cdH Francis Delpérée: "Vous m'avez qualifié de 'coq'. Vous vous êtes trompé: je suis un lion. Un ministre sert à encaisser. Je veux bien présenter mon autre joue. Mais un ministre est là pour dire ce qui ne va pas".

"Pour moi, un ministre doit être un lion mais un lion Belgique" rétorque Francis Delpérée.