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KFDA 2014 : Eifo Efi. Deux performers inouïs, danseurs virtuoses, bavards et drôles.

"Eifo Efi" de Mamaza
11 mai 2014 à 20:33Temps de lecture2 min
Par Christian Jade

Critique : ***

Ne vous fiez pas au programme qui étouffe ce que vous allez voir de références savantes, Deleuze, Lacan, Badiou, Bergson et tutti quanti. Si, APRES le spectacle vous voulez éblouir votre voisine vous pouvez orner vos propos d’allusions au "stade du miroir", version lacanienne de Freud. Visible dans le sol/miroir qui reflète ces corps virevoltant, à la "grammaire" alerte mais… sensuelle. Audible dans les bribes de sexualité qui émanent de leur propos confus. Comme " kunstenien" -pas "kantien", hein- de stricte obédience, gargarisez-vous d’ "approche post-conceptuelle …qui investit l’espace théâtral et son contexte en remettant en permanence en question ce qui est au cœur de ce travail collectif". Retombez quand même sur une terre avec des questions plus simple". " D’où provient…une action dont nous sommes témoins ?... Quand la voyons-nous ? Qui provoque quoi ? Quelle est la cause de qui?".

Petit à petit atterrissez sans honte et ne boudez pas votre plaisir d’avoir vu deux danseurs formés (entre autres) par William Forsythe,-technique vertigineuse donc- dont le déploiement dans l’espace, les chassés-croisés imprévisibles sont un plaisir "primaire" certes mais non négligeable. Quant au fait qu’ils vous jettent à la tête une éjaculation perpétuelle de mots anglo-américains racontant des histoires "écrasées" par la volonté de se bouffer la parole l’un l’autre avec des discours rugis, qui se superposent, vous en ferez ce que vous voudrez. Si vous ne comprenez pas l’anglais, laissez passer le tout comme un contre point musical, un tapis sonore qui gonfle et dégonfle comme les vagues de la mer, rugissant puis s’apaisant soudain. Sur les corps, debout, assis, couchés, rapprochés ou éloignés vous construirez votre propre espace mental, vos échappées belles selon que les bras et les jambes, autres moulins à paroles de cette chorégraphie parlée vous parlent de vous, d’eux, du monde. Et si vous comprenez l’anglais, un peu, beaucoup énormément, very beaucoup, vous distinguerez, dans la brume des paroles entrecoupées, de petites histoires pas bien compliquées, très descriptives et qui font, par leur humour, rire les plus " English-speaking " de ce public très jeune qui a vécu le tout, sourire et plaisir aux lèvres.

Revenez, MAMAZA, Ionnis Mandafounis et Fabrice Mazliah, pour un autre défi entre sérieux et loufoque. Just great !

Eifo, Efi, Mamaza, jusqu’au 11 mai. Info : www.kfda.be

 

 

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