Belgique

Joëlle Milquet dans l'Indiscret: il faut un contrôle budgétaire "intelligent"

La ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet était l'invitée de l'Indiscret
04 mars 2012 à 11:29 - mise à jour 04 mars 2012 à 11:43Temps de lecture3 min
Par Thomas Nagant
Interrogée d’emblée sur le débat autour de l’abdication éventuelle du roi Albert II, Joëlle Milquet parle d’un " non-événement" : "Nous avons un souverain qui a excellemment fait son travail au moment de la crise la plus profonde de l’histoire de la Belgique. Le palais a véritablement joué un rôle de stabilisateur essentiel. Pensons d’ailleurs qu’en 2014 nous ne serons pas encore sortis des problèmes", explique la vice-Première ministre. Un non-événement qu’elle ne veut d’ailleurs pas davantage commenter. "Je ne pense pas que la question se soit posée dans nos cénacles à ce stade", poursuit-elle.
Un contrôle budgétaire équilibré
Joëlle Milquet se montre par contre beaucoup plus prolixe sur les objectifs qu’elle entend assigner au contrôle budgétaire qui débute ce dimanche, avec pour objectif de trouver 2 milliards d’euros supplémentaires. La ministre de l’Intérieur le veut équilibré - "très intelligent" dit-elle-  c’est-à-dire "sans mettre à mal les politiques de croissance, sans mettre à mal non plus les politiques sociales,  en ayant un équilibre dépenses/recettes et en trouvant des techniques qui touchent le moins les personnes, par exemple les politiques d’emploi absolument essentielles."
"Dans trois jours, j’espère, on aura fini, et on viendra vous expliquer collectivement l’ensemble des mesures", dit la vice-première, soulignant que ce n’est pas sur les plateaux de télévision que l’on négocie ce genre de dossier… Mais pas question toutefois d’un ensemble de "petits pas qui n’ont pas de sens", car il doit aussi y avoir "du sens à des mesures budgétaires, du sens à dire aux gens qu’il faut changer de comportement environnemental (…), du sens à dire qu’on ne veut pas de fraude (…)".
"Il y a moyen encore de limiter certaines dépenses par une meilleure optimalisation du fonctionnement de l’Etat, mais sûrement pas mettre à mal le personnel notamment dans la police ou la justice où il y a besoin plutôt d’un renforcement que de diminution", prévient-elle.
Relancer la Belgique
"Pour nous au cdH, ce qui est fondamental c’est qu’on ne se limite pas à avoir la rigueur comme horizon. Ce qu’on veut parallèlement –et dans le conclave on doit avoir une décision sur la méthode- c’est d’organiser la relance de notre pays. On l’a pacifié, on va l’assainir, maintenant il faut le relancer". Les moyens pour ce faire ? "C’est une question de décision collective". Et elle illustre : "Une mesure toute simple, notamment, c’est d’avoir un grand plan sur la formation". La "plus-value intellectuelle", dit-elle, c’est une condition de la relance. Or, "nous avons encore des manques en qualification du personnel". Et de détailler : une logique de collaboration par bassin d’emploi, davantage de stages pour les jeunes dans les entreprises, investir dans le matériel d’éducation…
Finalement, ce contrôle budgétaire sera-t-il l’enfer prédit par certains ? Le terme irrite la ministre humaniste : "J’en ai marre que l’on joue comme ça dans le catastrophisme ! La Belgique c’est vrai doit faire des efforts comme les autres mais quand on voit malgré tout le niveau de vie de la Belgique et le taux de chômage –parce qu’on a pris des mesures en matière d’emploi- ce n’est pas tout rose mais on a aussi des perspectives de relance. C’est aussi le moment de réorganiser mieux notre Etats. C’est aussi le moment de se demander, dans les années qui viennent, comment est-ce qu’on donne un projet ambitieux à ce pays ? ". "La Belgique peut montrer le chemin ", affirme encore Joëlle Milquet.
Nouvelle circulaire
Interrogée sur l’affaire de l’entreprise Meister à Sprimont, la ministre de l’Intérieur se rebiffe lorsqu’on évoque les "cafouillages" de la police. Sur le plan de la police administrative en tout cas, "la police à fait son travail. Ils étaient 78, on a donné des renforts, il y a eu une négociation pendant toute la nuit". "S’il y avait eu des blessés, s’il y avait eu un mort, dans un camp ou dans un autre, à mon avis le débat serait beaucoup plus chaud et beaucoup plus embêtant". "Là où il y a eu déficiences, et ce qui ne va pas et ce que je condamne, c’est en matière de police judiciaire, qui relève d’ailleurs des compétences d’Annemie Turtelboom". On aurait dû relever les identités des membres de la "milice" envoyée par l’entreprise Meister, estime-t-elle, assurant qu’elle-même l’avait demandé. "Ca n’a pas été fait, ça c’est un manquement très clair".
La ministre de l’Intérieur tire à tout le moins un enseignement de cette affaire : "Il n’y a aucune circulaire de l’Intérieur pour savoir comment on règle très clairement un conflit social au niveau de la police". Et la vice-Première d’annoncer qu’elle prépare donc une nouvelle circulaire pour préciser le rôle de chaque intervenant dans ce genre de situation.

T.N.

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