Jean-Luc Crucke (MR) : "Ça a du sens que les présidents socialistes tentent leur chance"

Jean-Luc Crucke (MR): "Ça a du sens que les présidents socialistes tentent leur chance"
24 mai 2020 à 13:32 - mise à jour 24 mai 2020 à 13:32Temps de lecture2 min
Par A.T.

Contrairement à Georges-Louis Bouchez, le ministre wallon Jean-Luc Crucke accueille avec plus d’enthousiasme les consultations de Paul Magnette et Conner Rousseau en vue de former un nouveau gouvernement fédéral.

Depuis plus d’une semaine, les présidents socialistes Paul Magnette/Conner Rousseau consultent les 10 partis qui ont accordé leur soutien au gouvernement minoritaire Wilmès. Objectif ? Préparer la voie à un nouveau gouvernement fédéral.

Alors que l’initiative a été saluée par différents partis au nord et au sud du pays, le président du MR avait quant à lui déclaré dans De Morgen que l’initiative du duo socialiste était "presque un petit coup d’État".

Paul Magnette avait alors répliqué sur Terzake qu’il ne fallait pas prendre ses déclarations au sérieux : "Il aime les médias, il y a toujours une différence entre le Bouchez dans les médias et le Bouchez à la table de négociations."

Le journaliste Alain Gerlache confirme sur le plateau de De Zevende Dag (VRT) : "Il faut faire la différence entre Docteur Bouchez dans les négociations et Mister George-Louis sur les réseaux sociaux. Mais ce qui se passe sur les réseaux sociaux peut aussi avoir une influence sur l’ambiance politique."

Le PS et la N-VA se parlent à nouveau. Je ne sais pas si c’est prometteur, mais c’est un geste.

Pour Jean-Luc Crucke, il est important de dépasser les chamailleries politiciennes afin d’arriver à un accord gouvernemental. Il explique à la VRT : " C’est la politique des mots et pas celle de notre avenir. Tout le monde veut se créer une image. […] On a besoin d’avoir un gouvernement avec des partis solides et l’unité doit être forte entre ces partis. On ne doit pas collaborer avec ceux qui cherchent les disputes. "

Le ministre libéral wallon a par ailleurs adopté un ton plus conciliateur que son président vis-à-vis de l’initiative de Paul Magnette et Conner Rousseau : "Je vois que le PS et la N-VA se parlent à nouveau. Je ne sais pas si c’est prometteur, mais c’est un geste. La tentative des socialistes flamands et francophones, ça a du sens."

Réforme de l’État en vue ?

À table aux côtés de Jean-Luc Crucke, le nouveau président de l’Open Vld, Egbert Lachaert, pense qu’il faut profiter de ces négociations pour relancer le pays et simplifier les structures de l’État : "Les soins de santé pourraient se retrouver au niveau fédéral, mais d’autres thèmes doivent être transférés vers les régions, comme l’autonomie fiscale, le marché de l’emploi. Il y a aussi bien d’autres compétences qui peuvent retourner au niveau fédéral, parce que ça ne marche plus à l’heure actuelle."

Le ministre libéral rebondit sur les propos de son collègue flamand : "La solution, c’est l’efficacité. Si certaines compétences doivent aller au fédéral ou aux régions, pourquoi pas ?"

Pour sa part, Jean-Luc Crucke n’exclut pas une refédéralisation des soins de santé ou la régionalisation du marché de l’emploi. Il rappelle par la même occasion sa conviction régionaliste : "J’ai toujours dit qu’il faut aller vers un pays fort avec 4 régions fortes."

Le ministre wallon des Finances estime que ces discussions sont celles de "la dernière chance" : "Pour avancer, tout le monde doit essayer de se taire, ce qui n’est pas facile. Si ça ne fonctionne pas, nous nous dirigeons vers des élections."