Je me sépare, que faire ?

​​​​​​​La séparation est un véritable tsunami émotionnel, qui laisse démuni
22 août 2018 à 14:43Temps de lecture4 min
Par Fabienne Pasau

Que l'on prenne la décision de la séparation ou qu'elle nous soit imposée, la rupture du couple fait naître une multitude de questions : Vers qui me tourner ? Dois-je consulter un avocat ? Ai-je droit à une pension alimentaire ? Comment l'annoncer aux enfants ?
 

Stéphanie Degrave est avocate au barreau de Bruxelles, où elle pratique le droit de la famille. Elle est l'auteur d'un livre essentiel : Je me sépare, que faire ? (Ed EdiPro), où elle répond à toutes ces questions que l'on peut se poser, tant au point de vue juridique que psychologique.


Et d'abord, comment le dire aux enfants ?

Un chapitre de l'ouvrage donne des pistes aux parents pour essayer que cette annonce se passe au mieux. Les parents doivent impérativement le faire ensemble, en ayant bien préparé cette annonce, en y ayant bien réfléchi.
La première chose est d'essayer de comprendre si l'enfant a déjà perçu quelque chose. 
Il n'est pas utile de donner trop de détails sur les raisons de la séparation.
Il faut éviter une culpabilisation d'un parent et une victimisation de l'autre, car ce qui est terrible pour l'enfant, ce sont les clivages, les critiques, les conflits. Chacun doit pouvoir sortir la tête haute, même si c'est généralement très difficile. La souffrance des parents est à distinguer du vécu des enfants.

 

Comment restaurer la cohésion parentale ?

La cohésion parentale est parfois durement mise à mal. Pour aider les parents à essayer de renouer un contact, au-delà de la souffrance, des ateliers de communication pour parents séparés viennent d'être mis en place, en collaboration avec l'UCL et l'ULg, via le site parlonsnous.org

Ces ateliers offrent un autre outil aux parents, pour leur apprendre ce qu'ils peuvent changer pour améliorer la communication. L'idéal est que les deux parents y participent, dans des groupes différents, mais un seul parent peut tout aussi bien suivre cet atelier. Des vidéos, des jeux de rôle, des partages d'expérience sont proposés. 

Ces ateliers sont gratuits cette première année.

 

Quelles sont les procédures existantes en cas de séparation ?

1. Les procédures judiciaires

Juste après une séparation, on veut généralement que justice soit rendue. Mais quelle est l'utilité d'une procédure judiciaire ? Il faut savoir que c'est une procédure très longue, qui entretient en permanence la conflictualité. "Cela a pour effet aussi d'appauvrir complètement la relation et la collaboration parentale. Et souvent, au final, il y a deux perdants", constate Stéphanie Degrave.


Quel tarif ? La procédure est très coûteuse : la moindre d'entre elles représente vite 30 à 40 heures de travail de l'avocat, au tarif de 100 à 200 euros de l'heure. Les procédures durent de quelques mois à dix ans...

 

2. La médiation

On a donc tendance de plus en plus à passer par d'autres moyens de résoudre les conflits que la justice, et par exemple par la médiation.

La médiation est une technique de résolution des conflits qui est volontaire et confidentielle : les personnes vont ensemble auprès d'un médiateur agréé, pour essayer ensemble de trouver une solution au conflit qui les oppose.

Au final, la solution sera une solution win-win car chacun connaît sa situation et ses enfants, chacun sait ce qui est important pour lui et pour eux, bien mieux que ne peut le faire un juge. Le médiateur veille à ce que chacun puisse comprendre les besoins de l'autre et à ce qu'on réfléchisse à des solutions qui prennent en compte ces besoins.

C'est évidemment le rôle premier de l'avocat de conseiller cette médiation, mais en réalité beaucoup d'entre eux n'y croient pas et ne la proposent pas.

Environ 80% des médiations débouchent pourtant sur un accord acceptable pour les deux personnes, précise Stéphanie Degrave, d'où l'utilité de tenter cette médiation à tout prix, d'où aussi l'utilité que les avocats recommandent cette formule.


Quel tarif ? Il faut compter de 100 à 160 euros pour une séance d'une heure et une moyenne de 5 à 7 séances. L'Etat peut aider à couvrir les frais de médiation si l'on gagne moins d'un certain montant. Certaines assurances en responsabilité civile ou en protection juridique couvrent aussi ces frais de médiation.

 

3. Le droit collaboratif

Le droit collaboratif est assez nouveau chez nous. Il s'agit aussi d'un processus volontaire et confidentiel, qui aboutira à un accord qui sera entériné par la justice, comme la médiation, et qui sera aussi un accord gagnant-gagnant.

La différence est que cet accord se négocie à 4, avec les avocats des deux parties. On est là pour trouver un accord qui convient à tous. L'état d'esprit est différent, on travaille à la confiance. Les deux avocats ont l'interdiction d'entamer une procédure en cas d'échec de la négociation, ce qui est une sécurité pour que tout puisse se dire et pour qu'on puisse créer une empathie.

Les avocats qui pratiquent le droit collaboratif ont suivi une formation, ont signé une charte et l'indiquent sur leur carte de visite ou leur site.

Cette procédure en droit collaboratif est encore peu connue car les mentalités ne changent pas vite.


Quel tarif ? Elle est plus chère que la médiation. Les honoraires d'avocat s'élèvent à 100 à 200 euros de l'heure et la procédure met un peu plus de temps, car il y a des réunions à 4, des débriefings avec les clients, des débriefings entre avocats...

Mais elle est avantageuse pour les personnes qui se sentent fragilisées et qui ont besoin d'être accompagnées.

Si l'avocat adverse n'a pas suivi la formation en droit collaboratif, rien n'empêche de faire appel a un autre avocat formé, le temps de cette procédure.

Découvrez-en davantage ici !

Tendances Première : LE DOSSIER

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

Sur le même sujet

Divorce : quelles sont les procédures ? Comment s'y retrouver ?

Tendances Première

Divorcés ou séparés ? Quelques applications pour faciliter votre vie de parents

Tendances Première

Articles recommandés pour vous