Regions Liège

Inondations, collecteur cassé, puis sécheresse : la Vesdre sent mauvais… et ça va durer

Egout collecteur cassé dans la Vesdre à l’entrée de Verviers

En aval de Verviers, la Vesdre sent mauvais. Son affluent la Hoëgne n’a pas un parfum plus agréable. C’est à la fois la conséquence de la sécheresse et de l’inondation de l’année dernière. L’inondation a cassé le collecteur principal et les stations d’épuration. Tout coule dans les rivières… qui sentent encore plus fort quand il fait sec et qu’il y a peu d’eau.

Ça sent comme les égouts

A Goffontaine, une habitante nous montre la rivière qui longe sa maison : "la Vesdre est dégoûtante, pour ne pas dire dégueulasse. Ce qu’on voit ? Regardez les algues et les dépôts. On n’a jamais eu ça. Ça sent comme les égouts. C’est depuis que les stations d’épuration sont hors-service."

"La Vesdre et les autres rivières sont en période d’étiage" explique José Lemlyn le directeur d’exploitation de l’AIDE. "Elles ont un faible débit et forcément, toutes les eaux usées qui ne sont pas épurées par les stations d’épuration actuellement à l’arrêt se retrouvent dans la Vesdre, avec une concentration relativement importante, ce qui apporte des nuisances olfactives."

 

Algues et dépôts malodorants dans la Vesdre à Goffontaine
Algues et dépôts malodorants dans la Vesdre à Goffontaine RTBF – François Baibant

Depuis l’inondation, l’eau n’est plus épurée

Les stations d’épuration de Goffontaine, de Wegnez et de Membach, c’est l’inondation qui les a cassées. Donc, l’eau de la rivière n’est plus épurée. Et pire : toutes les eaux sales de Verviers coulent à l’air libre. Parce que le tuyau de l’égout collecteur était posé au fond de la rivière et que lui aussi a été abîmé par l’inondation. Par endroits, il a été arraché, comme à l’entrée de Verviers, comme derrière l’entreprise Depairon. Il s’agit là de dégâts visibles.

"Vous avez des tronçons de collecteur qui ont été arrachés sur plusieurs dizaines, voire centaines de mètres et qui doivent maintenant être remplacés." Il y a aussi plusieurs centaines de chambres de visite cassées, renversées, écrasées à réparer. C’est de ces chambres qu’on pourra explorer le collecteur à la caméra et repérer d’autres tronçons problématiques avant de les réparer ou de les remplacer.

Egout collecteur troué
Egout collecteur troué AIDE (Association intercommunale pour le démergement et l’épuration)


Les travaux débutent

A la station d’épuration de Goffontaine, les travaux de réparation vont débuter en septembre et durer 400 jours calendrier. Il s’agit de travaux électromécaniques sur les tableaux électriques, les pompes etc. Idem à la station d’épuration de Wegnez où les travaux doivent débuter en décembre. A Membach, il s’agit de travailler sur les collecteurs, d’y faire du curage, une endoscopie (filmer l’intérieur du tuyau). Ces travaux viennent de commencer et vont durer 60 jours ouvrables.

Sur le collecteur de la Vesdre, les travaux commencent en septembre et doivent durer 80 jours ouvrables. 130 mètres sont déjà identifiés comme abîmés en aval de la Textile de Pepinster et 50 mètres à hauteur de la rue de Flère. Sur la Hoëgne, les travaux débutent au même moment et là aussi pour 80 jours. Plusieurs tronçons sont déjà identifiés à auteur du hall omnisports de Theux, à Juslenville Petite et à hauteur du chemin des maraudeurs. Sur le Wayai, il s’agit aussi de curage, d’endoscopie et de remise en état. Le dossier est toujours en négociation mais le début des travaux est prévu pour novembre.

Il faudra être patient

Le dossier prend du temps, mais "il n’y a pas eu de possibilité de réduire les délais administratifs des marchés publics", sans compter qu’il a fallu identifier, photographier, répertorier tous les endroits abîmés et qui n’étaient pas toujours accessibles. Le travail ne va pas se terminer demain : plusieurs centaines de chambres de visite sont cassées, renversées, écrasées. Elles aussi il va falloir les réparer. De ces chambres, on pourra explorer le collecteur à la caméra et repérer les tronçons problématiques avant de les réfectionner ou de les remplacer.

"On est partis, peut-être jusque, hélas, au printemps 2024 !" Bref : ce n’est ni cette année, ni l’année prochaine que vous irez chercher de la fraîcheur dans la Vesdre ou dans la Hoëgne.

Sur le même sujet

Sécheresse et entreprises : "Pas encore de perturbation majeure", selon la FEB

Belgique

Articles recommandés pour vous