Regions Hainaut

Hyperemesis, une ASBL pour aider les femmes enceintes qui souffrent d’une forme grave de nausées et de vomissements

Hyperemesis, une ASBL pour aider les femmes enceintes qui souffrent d’une forme grave de nausées et de vomissements

Pour voir ce contenu, connectez-vous gratuitement

07 août 2022 à 09:41 - mise à jour 07 août 2022 à 09:41Temps de lecture2 min
Par Blandine Rans

Nausées et vomissements sont des désagréments que subit une grande majorité de femmes enceintes. Pour 1.5 à 2% des grossesses, ils deviennent un véritable calvaire. Cette complication grave s’appelle l’hyperémèse gravidique. "Elle survient souvent durant les trois premiers mois de la grossesse. Il y a des vomissements plus de cinq fois par jour, une perte de poids de plus de 5% et qui vont se traduire par une déshydratation, et dans certains cas graves, des troubles neurologiques" explique Ingrid Ingargiola, gynécologue obstétricienne au Centre Hospitalier de Wallonie picarde (CHWAPI) à Tournai.

Un accouchement sans péridurale n’était rien à côté de la grossesse

Mélissa Lienard, fondatrice de l’ASBL "Hyperemesis" avec sa fille, Elie
Mélissa Lienard, fondatrice de l’ASBL "Hyperemesis" avec sa fille, Elie Blandine Rans

Mélissa Lienard a vécu cette complication durant toute sa grossesse. Nausées et vomissements étaient si forts et incessants qu’elle a dû être hospitalisée pour être réhydratée. Les gestes simples du quotidien devenaient presque impossibles. "Prendre ma douche ou me brosser les dents étaient devenus trop compliqués pour moi" témoigne la jeune maman. La situation était telle que Mélissa a envisagé l’avortement.

Elle y a renoncé grâce à la gynécologue qui l’a prise en charge à ce moment-là. Elle lui a prescrit un médicament qui l’a un peu soulagée au bout de plusieurs semaines. Toute sa grossesse n’en reste pas moins une douloureuse épreuve. "J’ai eu l’impression de la subir. J’ai accouché sans péridurale. Je peux recommencer chaque semaine s’il le faut mais une grossesse comme ça sans accompagnement, ce n’est pas possible" affirme cette habitante de Quaregnon.

Une ASBL pour accompagner les futures mamans…

Cinq mois après la naissance de sa fille Elie, Mélissa Lienard vient de créer une ASBL, "Hyperemesis" pour accompagner les futures mamans qui souffrent d’hyperémèse gravidique. Elle souhaite constituer une équipe pluridisciplinaire :"on aimerait trouver des gynécologues mais aussi des psychologues parce que la souffrance physique endurée par ces femmes entraîne une détresse psychologique" détaille Mélissa Lienard.

Des doulas et des hypnothérapeutes pourraient aussi compléter l’équipe. L’hypnose est d’ailleurs utilisée par Ingrid Ingargiola. "L’hypnose permet de reprendre plaisir à manger certaines choses et à retrouver certains goûts pour pouvoir passer le cap compliqué. On a aussi un rendez-vous avec la psychologue à l’hôpital pour aider à cette prise en charge et ce moment difficile où on peut parfois en venir à ne pas aimer du tout être enceinte et à détester cette grossesse" explique la gynécologue du CHWAPI.

… Et sensibiliser les professionnels de la santé

Mélissa Lienard souhaite aussi sensibiliser les professionnels de la santé à l’hyperémèse gravidique. Elle déplore en effet sa prise en charge. "On me disait toujours que c’était normal et que ça allait passer. Á l'hôpital, j’ai entendu des bruits de couloirs qui disaient que j’étais la "vomisseuse" du service. Ça m’a profondément blessée. Il y a même certaines sages-femmes qui remettaient en doute le fait de vouloir ce bébé" dénonce la jeune femme. Avec son ASBL, elle est aussi à la recherche de mamans pour témoigner de leur expérience, partout dans le pays.

Articles recommandés pour vous