Hong Kong: la police tire des gaz lacrymogènes sur les manifestants

Hong Kong: la police tire des gaz lacrymogènes sur les manifestants
03 août 2019 à 08:35 - mise à jour 03 août 2019 à 15:17Temps de lecture2 min
Par M.F. avec Agences

Après les violentes arrestations qui ont émaillés la contestation à Hong Kong durant la semaine, un nouveau week-end de mobilisation se prépare ce samedi sur l'ancienne colonie britannique. Des violences pourrait émailler ce rassemblement qui fait suite à une crise qui se tend de jour en jour.

L'armée chinoise avait annoncé qu'elle serait prête à réprimer les troubles "intolérables" si on le lui demandait. Mais cela n'a pas fait plier les manifestants qui ont maintenu la mobilisation de ce samedi.

Salves de lacrymogènes

La police anti-émeutes de Hong Kong a tiré samedi soir des grenades lacrymogènes contre les manifestants prodémocratie, à nouveau descendus par milliers dans les rues en signe de défiance à l'égard de la Chine, qui multiplie pourtant les avertissements pour mettre fin à cette grave crise.

La police a lancé plusieurs salves de gaz lacrymogène devant un commissariat de police dans le quartier touristique de Tsim Sha Tsui, repoussant les manifestants dans des rues habituellement fréquentées par les badauds et touristes, selon des journalistes de l'AFP sur place.

Dans la journée, des centaines de manifestants masqués avaient érigé des barricades improvisées pour bloquer plusieurs rues dans cette zone commerciale et touristique située près du port.

La police a demandé aux manifestants de "cesser leur actes illégaux" et au public d'éviter cette partie du territoire.
 

Les pro-gouvernement d'un côté, les anti-gouvernement de l'autre

Le lieu de rassemblement était situ" dans un parc de la banlieue densément peuplée de Mongkok. Cet endroit a déjà été de nombreuses fois le lieu de tensions entre les autorités et les manifestants. La police avait dans un premier temps interdit la manifestation dans ce quartier, avant de l'autoriser après examen d'un recours. Les interdictions des semaines précédentes n'avaient toutefois pas été très efficaces pour stopper les manifestants.


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Mais en marge de la manifestation à l'encontre du gouvernement, des partisans du pouvoir se sont aussi réunis dans un autre parc ce samedi. Beaucoup agitaient des drapeaux chinois.

La mégapole du sud de la Chine, qui traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession en 1997 par Londres, a déjà connu huit week-ends consécutifs de manifestations massives, souvent suivies d'affrontements entre de petits groupes radicaux et les forces de l'ordre.

Première participation des fonctionnaires ce vendredi

Ce vendredi a aussi été marqué par différentes marches et manifestations à travers le pays. Pour la première fois, des fonctionnaires se sont mêlés aux manifestants. Une participation notable puisque les autorités avaient averti que les salariés de la fonction publique devaient témoigner d'une "loyauté totale" envers le gouvernement et de rester neutre, sous peine de perdre leur emploi Ces menaces n'auront pas été efficace auprès des 180.000 fonctionnaires de la ville.

Dans une lettre ouverte, les fonctionnaires ont adressé au gouvernement une série de demandes qui rejoignent celles des manifestants de la première heure. 

Dimanche, ce sont deux marches qui sont prévues, l'une sur l'île de Hong Kong et l'autre dans le secteur de Tseung Kwan O. Et lundi, une grève générale est convoquée dans toute la ville, outre des rassemblements dans sept localités