Belgique

H. Jamar: "Il faudra trouver quelques centaines de millions d'euros"

Hervé Jamar (MR) - Ministre du Budget
12 févr. 2015 à 14:06 - mise à jour 12 févr. 2015 à 20:18Temps de lecture2 min
Par Thi Diem Quach

Hervé Jamar, le ministre du Budget, va avoir du travail dans les semaines à venir. Pour fin mars ou début avril, le gouvernement fédéral doit préparer son contrôle budgétaire pour se garantir un rapport positif de la Commission européenne. Mais la tâche risque d'être périlleuse.

Budget

Pour lutter contre le terrorisme, 300 militaires sont déployés dans les rues de Bruxelles, d'Anvers et Liège. Ce déploiement a un coût, 635 00 euros. Certains estiment qu'on ira puiser dans l'enveloppe interdépartementale de 300 millions d'euros. Mais qui va réellement payer? "Le vice-Premier Jan Jambon a confirmé que cette somme serait prise en charge par le département de l'Intérieur. Et s'il s'avère qu'il y ait des manquements à l'Intérieur, lors du conclave budgétaire nous prendrons nos responsabilités ; puisqu'il s'agit d'une décision du gouvernement fédéral assumée", explique le ministre libéral.

Croissance à la baisse

Et les nouvelles ne sont pas bonnes pour le budget 2015. Le Bureau du plan vient de livrer les prévisions macroéconomiques qui servent de base au contrôle budgétaire pour l'année 2015 et les perspectives de croissance ont été revues à la baisse. La croissance était encore à 1,5% en septembre 2014 ; elle devrait se stabiliser à 1% en 2015. Une baisse qui change la donne. "Je crois qu'il faudra trouver quelques millions d'euros, mais les taux sont bas. Nous allons donc récupérer de l'argent de ce côté-là"

Vers quel glissement fiscal?

L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) recommandait, la semaine dernière, à la Belgique, d'alléger sa fiscalité sur le travail. Comment ? En la faisant glisser en partie vers la consommation, la pollution ou le capital.

Le week-end dernier, Johan Van Overtveldt (N-VA) le ministre des Finances, plaidait clairement pour un taxshift, un glissement fiscal vers la consommation. Donc, une hausse de la TVA. "Je ne suis pas pour une augmentation linéaire du taux de TVA. Beaucoup de membres de ma formation politique et du gouvernement partagent cette opinion. Mais je ne suis pas contre la culture du débat (...) Personnellement, il s'agirait d'un mauvais signal pour la consommation et pour la relance", insiste Hervé Jamar. Quant à une taxe sur les fortunes? Il faudrait un cadastre explique le ministre, mais une taxe sur la spéculation, le débat reste ouvert.

Swissleaks

Six milliards d'euros d'avoirs belges secrètement cachés dans des coffres de la banque HSBC en Suisse, voilà l'ampleur du scandale dévoilé cette semaine. Pour le ministre du Budget, il faut durcir les règles européennes. "La directive européenne concernant l'épargne de 2003 est aujourd'hui insuffisante car elle ne concerne que les personnes physiques. Il faut un effort de l'Europe et de la Suisse pour l'étendre aux sociétés, aux sociétés offshore"

La lutte contre la fraude fiscale est-elle une priorité pour le gouvernement fédéral? Seuls 75 millions d'euros de recettes ont été budgétisés. Si les avoirs belges cachés en Suisse avaient pu être imposés, ce sont plus de 400 millions euros qui seraient retombés dans les poches de l'état belge. "Ca n'empêche pas de réajuster le tir dans le conclave budgétaire les recettes possible. Mais lorsqu'on met de trop dans un poste budgétaire, on nous dit qu'on invente des recettes inexistantes", se défend Hervé Jamar.

Sur ce dossier chaud, le gouvernement fédéral n'envisage pas une nouvelle régularisation fiscale.

Thi Diem Quach

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