Guerre en Ukraine

Guerre en Ukraine : Boris Johnson défend le soutien à Kiev malgré le "prix" économique

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson.

Alors que les prix flambent et les mouvements sociaux se multiplient au Royaume-Uni, le Premier ministre britannique a été interrogé sur la BBC quant à l'avenir du soutien britannique si l'invasion russe se poursuit des années avec un coût grandissant pour la population.

"Le prix de la liberté vaut la peine d'être payé", a plaidé lundi Boris Johnson en marge du sommet du G7, défendant le soutien à l'Ukraine malgré les sévères répercussions économiques d'une guerre qui se prolonge et faisant le parallèle avec la victoire contre l'Allemagne nazie.

"Rappelez-vous qu'il a fallu aux démocraties, au milieu du siècle dernier, beaucoup de temps pour reconnaître qu'elles devaient résister à la tyrannie et à l'agression, et cela a coûté très cher", a-t-il poursuivi. 

"Mais la défaite des dictateurs, en particulier de l'Allemagne nazie, a permis d'acquérir des décennies et des décennies de stabilité".

Cet ordre mondial "vaut la peine d'être protégé" a-t-il fait valoir.

Depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine fin février, le Royaume-Uni a été en pointe de la réponse occidentale, fournissant des armes très tôt à Kiev et sanctionnant durement la Russie et ses oligarques.

Si ce soutien a fait le consensus au Royaume-Uni, le pays est confronté quatre mois plus tard à une inflation au plus haut depuis 40 ans, à plus de 9%, provoquant une grogne sociale croissante avec les avocats anglais se mettant en grève, après les cheminots la semaine dernière.

Ce mécontentement intervient alors que Boris Johnson est très fragilisé politiquement à la suite notamment du scandale du "partygate", ces fêtes arrosées pendant les confinements. 

Il a difficilement survécu à une motion de défiance de sa majorité au début du mois, son Parti conservateur vient de subir des défaites électorales cinglantes et la presse britannique se fait l'écho tous les jours de rumeurs sur de nouvelles trahisons, alors qu'il se trouve à l'étranger pour une durée exceptionnellement longue enchaînant trois sommets internationaux.

Le chef du gouvernement a répété à plusieurs reprises au G7 craindre une "fatigue" dans le soutien à Kiev.

"Imaginez que nous permettions à Poutine d'acquérir par la violence d'énormes parties d'un autre pays, souverain et indépendant, les leçons à en tirer seraient absolument effrayantes dans tous les pays de l'ex-Union soviétique", a-t-il répété lundi. "En termes d'effets économiques, cela signifierait l'instabilité à long terme".

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