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Godinne: les services techniques sont confrontés à "un énorme mikado"

Les équipes ont repris le travail ce lundi matin.
14 mai 2012 à 08:16 - mise à jour 14 mai 2012 à 09:30Temps de lecture3 min
Par OPPENS Xavier Van

Une réunion technique s’est tenue ce lundi matin à 6h30 afin de définir les stratégies à mettre en place pour évacuer les débris et les 5 à 7000 litres de disulfure de carbone que contient encore l’un des wagons. Il s’agit d’un produit toxique hautement inflammable, ce qui rend l’opération pour le moins délicate. "Ce qui nous embête actuellement, ce n’est pas la citerne mais bien ce qu’elle contient, confirme le commandant des pompiers qui a dirigé les opérations Daniel Boussifet. Il faut que l’on puisse accéder à cette cuve."

Et c’est bien là le nœud du problème. Pour accéder à la citerne, il faut déblayer les débris. Donc se frayer un chemin à travers les carcasses de métal. La difficulté, c’est que les moyens techniques dits traditionnels sont proscrits : "Il faut éviter les chocs et surtout ne pas créer la moindre étincelle (NDLR : le produit est hautement inflammable). Les disqueuses sont donc inutiles. On utilise alors des moyens hydrauliques pour découper."

Et le commandant des pompiers de préciser que cette opération prend du temps. Il table sur encore une bonne journée de travail pour évacuer le tout. "Au moins jusqu’en fin de journée, voire en début de soirée pour une grosse partie du travail technique", confirme Daniel Boussifet.

Une conférence de presse a été organisée ce lundi vers 10h30. Autour de la table: bourgmestre, pompiers et police. Tous ont rappelé une nouvelle fois la difficulté à laquelle ils doivent faire face, à savoir se frayer un chemin à travers un amas de pièces et de tôles, le tout en présence d'un produit très dangereux. "C'est un peu comme un énorme Mikado. Il faut enlever élément par élément pour accéder à la cuve." Les autorités ont également précisé que la citerne semblait "arrimée à quelque chose au niveau du sol". Soit une difficulté supplémentaire.

L’autre inconnue du jour concerne les riverains. Ils sont près de 300 à avoir été évacués, obligés de trouver refuge chez des proches ou contraints de se débrouiller avec des moyens limités pour se loger. Les autorités craignent toujours une contamination de l'air par les produits toxiques contenus dans les wagons. A l’heure actuelle, aucun délai n’est avancé. Les riverains ne savent donc toujours pas quand ils pourront regagner leur domicile.

Un retour à la maison qui dépendra bien évidemment de l’état d’avancement des opérations techniques. On rappelle aussi que deux écoles de l’entité avaient été évacuées (l’école communale et le Collège Saint-Paul). Les deux établissements resteront fermés ce lundi. L’accueil des enfants tout de même prévu au complexe sportif local.

Trois ou quatre riverains, fort énervés, sont intervenus lors de la conférence de presse de ce lundi matin. Ils ont manifesté leur mécontentement auprès des autorités sur la manière dont les opérations se déroulent. Pour eux, tout semble indiqué que le périmètre de sécurité peut être réduit, ce qui permettrait à une partie des habitants évacués d'enfin regagner leurs pénates. Un risque que le bourgmestre et ses services de secours ne sont pas prêts à courir pour le moment.

Les cliniques Mont-Godinne mises à contribution

Les cliniques universitaires  de Mont-Godinne, toutes proches du lieu de l’accident, n’ont pas dû être évacuées mais sont restées en stand-by. En cas d’explosion ou d’accident majeur.

Un scénario catastrophe qui, heureusement, ne s’est pas réalisé. Il n’empêche, la direction de l’hôpital a tout de même pris les devants et a réorganisé ses services. "Nous avons mis à disposition un poste médical avancé, avec médecins et infirmiers", déclare Patrick Decoster (directeur médical de l’hôpital).

Ce lundi matin, les cliniques Mont-Godinne reprennent leur rythme habituel. Le lundi étant un jour d’affluence en milieu hospitalier. Mis à part quelques patients supplémentaires, les choses reprennent donc leur cours. "On a encore six patients hospitalisés, ce qui nous demande un effort supplémentaire (…) Actuellement, le risque d’accident très grave est moindre. Nous gardons quand même une réserve de places (aux urgences, aux soins intensifs et en salle d’opération) jusqu’au moment où tout est vraiment terminé."

RTBF

En direct de Godinne avec Danielle Welter

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