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Godinne: certains riverains envisagent d'aller en justice

Une visite de presse était organisée lundi, durant laquelle nous avons pu photographier au plus près l'amas de wagons.
14 mai 2012 à 13:56 - mise à jour 15 mai 2012 à 06:02Temps de lecture3 min
Par Belga News

Ils devaient présenter leur carte d'identité aux forces de l'ordre qui assurent le périmètre de sécurité et, ensuite, quitter une nouvelle fois les lieux.

Cette décision a été prise par le bourgmestre Charles Pâquet après qu'une réunion a été organisée lundi à 15h00 entre 150 riverains et les autorités communales d'Yvoir, à l'initiative d'un avocat mais également riverain, Me Luc Balleux.

Les riverains déplorent un manque de communication de la SNCB alors qu'ils aimeraient avoir davantage d'informations quant à un éventuel retour à leur domicile. "Nous avons mandaté un avocat afin d'aller en justice au civil contre le groupe SNCB, notamment pour pallier les pertes financières des commerçants qui se trouvent dans le périmètre de sécurité. Nous ne faisons aucune distinction entre les différentes entreprises indépendantes de la SNCB", a confirmé Luc Balleux.

Du côté de la SNCB, on explique que seul B-logistics est responsable de la mauvaise communication. "Nous sommes deux sociétés juridiques différentes", explique le directeur de la communication.

Les travaux de déblaiement se poursuivent

La moitié des poutres de fer qui bloquent actuellement la citerne contenant le disulfure de carbone, à la suite de l'accident impliquant deux trains de marchandises à Godinne (Yvoir), a été dégagée à l'aide d'une grue par les services de secours. L'autre moitié des poutres doit cependant encore être déplacée. "En termes de délais, on ne doit plus parler en heures mais en jours", explique Marc Lebrun, de l'administration communale d'Yvoir.

Depuis dimanche matin, les opérations de pompage du disulfure de carbone ont été arrêtées. Les services de secours n'arrivent pas à pomper les 7000 litres de liquide restants, en raison de la position oblique de la citerne. Les équipes de secours ont tout tenté dimanche pour détacher la citerne de son socle, mais elles n'y sont pas parvenues. Il a donc été décidé de déblayer tout autour du wagon et de ne plus toucher à la citerne concernée pour l'instant.

Ces contretemps occasionnent également des perturbations pour les élèves des environs. L'école maternelle et primaire de Godinne, le Collège St-Paul et l'académie de musique seront fermés jusqu'au vendredi 18 mai inclus. Une garderie est toutefois assurée à la salle du Maka, à Yvoir, pour les élèves de l'école maternelle et primaire ce mardi de 07h00 à 18h30 et ce mercredi de 07h00 à midi. Un accueil extrascolaire est également prévu mercredi après-midi, jusqu'à 18h00.

La grogne monte

Ce que les riverains reprochent surtout c'est qu'on laisse l'espoir d'un retour rapide. Espoir à chaque fois déçu. Rappelez-vous au début, le retour était prévu pour samedi midi, puis dimanche matin, puis dimanche soir… Nous sommes aujourd’hui mardi matin et les habitants ne sont toujours pas rentrés chez eux.

Ils veulent comprendre pourquoi ce retour est à chaque fois postposé. C’est la raison pour laquelle lundi, pour la première fois, la presse a été invitée à visiter le chantier. Histoire de montrer clairement la complexité des travaux.

Mais cela n'a pas empêché certains riverains d'aller plus loin. Ils demandent des comptes aux responsables des chemins de fers. Une démarche collective de certains riverains se constitue. Une réunion a eu lieu hier à l'initiative de Luc Balleux, un avocat bien connu sur la place dinantaise. Ses bureaux sont dans la zone de l'accident. Il subit donc directement la situation.

Nathalie Cambié possède une librairie située juste dans le périmètre de sécurité. Elle a dû arrêter ses activités dès vendredi midi. "C’est un commerce que j’ai repris au mois d’octobre, c’est donc un commerce qui démarre. On est sans nouvelle, sans rien. Mes fournisseurs, forcément, me demandent d’honorer mes factures. Et nous, on ne sait pas où l’on va. J’ai été ce (lundi) matin à la commune, mais je n’en sais pas plus. Je veux que le responsable de tout ceci paye un dédommagement, et nous rembourse nos pertes. Car lorsque je rouvrirai, la moitié de mon magasin ira à la poubelle, puisque j’ai aussi un petit snack."

La SNCB présente ses excuses

Pointé du doigt, cette fois le groupe SNCB - ses filiales Infrabel et B-Logistics – est sorti de son mutisme. Mises en cause lundi après-midi via le groupe SNCB, ses filiales ne pouvaient pas rester sans réaction. Des excuses ont été adressées aux riverains ; elles arrivent sous la pression des événements.  Il en va de même pour le numéro spécial mis en place par le groupe SNCB. Des initiatives fort tardives…

 

Patrick Michalle, Belga

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