Gilles le Suisse à la rencontre des migrants en Espagne

Gilles Le Suisse en Aragon
02 déc. 2018 à 07:00Temps de lecture3 min
Par Esmeralda Labye

Un regard faussement naïf, un uniforme genre scout, un drapeau suisse pour totem. Du haut de son mètre 87, Gilles le Suisse est bien connu des téléspectateurs de la RTBF depuis son apparition dans "7 à la Une" en septembre 2015. Désormais, il parcourt l'Europe pour proposer sa vision de l'actualité dans le Maxi Bar de l'Europe. Cap sur l'Espagne où des régions entières réclament des migrants pour continuer à exister.

C'est au cœur de l’Aragon que Gilles a posé ses valises. A Visiedo, un minuscule village à 45 km au nord de Teruel, dans le centre de l’Espagne. Un village reculé qui se dépeuple comme tant d'autres. Alors, pour survivre, la municipalité ouvre ses bras et les services de l'administration aux migrants.

Dossier Migrants : Gilles le Suisse s'en va-t'en Espagne

Repeupler les villages, c’est la mission de Judith et de son association CEPAIM (fundacion de convivencia y cohesion social.). Elle n'est pas peu fière de présenter Saïd, marocain installé dans la péninsule ibérique depuis 24 ans. Après avoir vécu à Barcelone, Saïd a choisi l'Aragon et ses paysages attiré, il faut bien le dire, par l'emploi et le logement offert par la mairie. "Je suis venu jeune pour découvrir le monde, explique-t-il dans un espagnol parfait. Et pour améliorer mes conditions de vie... Quand la crise a frappé, j’ai presque tout perdu. Je n’en pouvais plus de la capitale. Je suis venu ici. Je suis content."

Même satisfaction dans le bar du village. Derrière le comptoir, deux Colombiens servent les clients. L'intégration a été facile, la langue commune y est aussi pour quelque chose. 

Un problème général

Le problème du dépeuplement est aussi celui de la fécondité. Et il n'est pas réservé à l'Espagne. C'est partout pareil en Europe : moins de 1,6 enfant par femme. La population vieillit et c'est particulièrement criant dans le sud et l’est de l’Europe. La lanterne rouge ? L’Italie : 1,35 enfant.

C’est pourquoi le gouvernement actuel (alliance entre la Ligue du Nord et le mouvement 5 étoiles) a prévu d’octroyer des terres aux couples qui se décideraient à avoir un troisième enfant. Mais le couple doit être marié et installé en Italie depuis 10 ans. Bref, les migrants sont exclus du système. Et puis, les couples ont-ils vraiment envie de devenir agriculteurs ?

Ali, le berger

A Visiedo, personne ne dit que les étrangers prennent le pain des locaux. D’ailleurs le métier le plus ancien du village, celui de berger, est exercé par un marocain. "Je suis venu ici avec un contrat, explique Ali. Mon chef actuel m’a trouvé dans un autre village. Maintenant çà fait 12 ans que je suis là, j’ai confiance en lui, il est comme un frère." Des propos confirmé par le chef d'Ali. "Avec Ali, j’ai confiance, tant au niveau professionnel que personnel, si je dois partir un jour, je suis tranquille. Je ne travaille pas mieux que lui."

Mais tous les pays et tous les gouvernements ne pensent pas comme Visiedo. Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, estime par exemple que tout est question de religion. "Nous ne considérons pas ses gens comme des réfugiés musulmans. Nous les considérons comme des envahisseurs musulmans. Nous pensons qu’un grand nombre de musulmans conduit inévitablement à des sociétés parallèles, parce que société chrétienne et musulmane ne s’uniront jamais", a-t-il récemment déclaré.

Des propos qui choquent Ali et son chef, Vicente. "Chacun à sa religion et nous sommes des amis, comme des frères. Nous nous aidons mutuellement. C’est tout. J’espère qu’un jour le monde ressemblera à ce qui existe ici", conclut Vicente.

Sur les 510 millions d'Européens, les étrangers ne représentent que 4% de la population.

La vidéo de Gilles le Suisse est à retrouver dans l'émission Le Maxi Bar de l'Europe ce dimanche 2 décembre sur la Trois à 22h40, sur TV5-monde ce lundi 3 décembre à 17h, ou sur notre plateforme Auvio.

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