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Geese : "Les nouveaux Strokes ? Ceux qui le pensent ont probablement tort"

20 juin 2022 à 18:57Temps de lecture5 min
Par Aline Glaudot

A la croisée des mélodies de Vampire Weekend, de Television et des sonorités dissonantes et déstructurées des Anglais de Squid et Black Midi, on retrouve le jeune quintet new-yorkais, Geese. En octobre dernier, ils sortaient leur premier disque "Projector", mixé par le grand Dan Carey et signé chez Partisan Records. Quelques minutes avant leur showcase chez Pias il y a quelques jours, seconde date d’une longe tournée européenne, on a discuté avec le jeune chanteur et tête pensante, Cameron Winter.

Hello Cameron ! Heureuse de te rencontrer, première fois en Europe ? Vous entamez la deuxième date de votre tournée européenne ce soir, comment tu te sens ?

Ce n’est pas ma première fois en Europe mais bien à Bruxelles. Je me sens bien et super excité de commencer cette tournée. Nous venons de passer quelques mois assez intenses où nous étions super occupés, on a pas mal tourné et terminé l’enregistrement de nouveaux morceaux… On rentre dans la dernière ligne droite de trucs qu’on devait faire et là nous y sommes ! Donc oui, je suis super excité pour la tournée mais encore plus pour la pause d’après qui s’annonce !

Vous êtes une toute jeune formation new-yorkaise, comment vous êtes-vous rencontrés et qu’est ce qui vous a donné envie de former Geese ?

Max, Gus, Dom, Foster et moi, on s’est rencontré à l’école, principalement au lycée. On a commencé à jouer de la musique ensemble car je pense qu’ils étaient les seules personnes que je connaisse à bien jouer d’un instrument : Max certainement le seul batteur, Gus et Foster les seuls guitaristes et Dom un super bon bassiste. On a commencé à traîner ensemble, parler de musique et finir par passer du bon temps en créant ensemble notre propre musique. C’est comme ça que ça a commencé.

C’était pendant la pandémie ?

Juste avant, même quelques années avant. On traîne ensemble depuis 2016, quatre ans avant cette pandémie. On avait entre 15 et 16 ans.

Tu as à peine 18 ans… Avec quel genre de musique est-ce que tu as grandi ?

Moi j’ai grandi avec ce que mon mon père voulait bien jouer (rires). Quand j’étais super jeune, je me souviens d'écouter Kean, The Killers et puis j’ai commencé à découvrir les classiques du Rock comme les Beatles, Pink Floyd, Led Zepplin et ce genre de groupe. On est la génération d’Internet, on a pu écouter tout ce qu’on voulait quand on voulait et c’est ce que j’ai fait.

En octobre dernier vous avez sorti "Projector", votre premier album. Quelle est l’histoire derrière ce disque ? Qu’est-ce que vous avez voulu raconter ?

Quand on l’a fait on n’avait pas vraiment de moyens, ni d'envies et l’idée de partager toutes ces choses avec le reste du monde. Quand j’ai commencé à écrire, je ne voyais pas mon album comme quelque chose qui serait diffusé à un large public. C’est probablement pour cette même raison que mes paroles sont beaucoup plus personnelles: je parle beaucoup de mes peurs, de sujets un peu bizarres, improbables et que je tente d’explorer, de pensées impénétrables. Un mélange entre plein de sujets différents juste parce que j’avais besoin de paroles pour ma musique.

Avec un peu de recul, quel regard tu portes sur ce premier disque ?

Mmm, c’est difficile à dire. Comme je te disais, c’est assez bizarre : quand l’album est sorti, nous n’avions pas beaucoup d’attentes nous le faisions vraiment pour le fun et pour nous. Tout ce que je peux en penser c’est que nous l’avons composé pour satisfaire nos propres goûts sur le moment. Si tu écoutes bien, je pense que notre disque sonne comme d’autres disques qui existent déjà, je ne peux pas retrouver tant de notre propre personnalité en l’écoutant, c’est un peu dommage. Mais je pense aussi que c’était vraiment cool d’avoir eu ce temps dans nos vies pour enregistrer ce genre de disque. C’est comme des archives, de la documentation sur comment je me sentais à ce moment de ma vie, il y a maintenant 3 ans. C’est plutôt cool.

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Quand on a commencé à entendre parler de vous en Europe, plusieurs médias ont parlé de vous comme étant les nouveaux Strokes… Qu’est-ce que ça t'inspire d’entendre ça ?

Ils ont probablement tort (rires). Je veux dire, je comprends pourquoi les gens disent ça mais je pense que nous allons gagner moins de 1% de ce que gagnent les Strokes (rires). J’ai eu pas mal de comparaisons mais la vérité ce que nous n’avons même pas énormément écouté les Strokes pour faire ce disque. Je ne veux pas dire que cette comparaison n’a pas de sens, spécialement parce que nous venons de NY et que oui c’est un groupe avec lequel nous avons grandi et fatalement quand tu composes tu essayes de refaire ce que tu aimes et connais. Mais tu sais, je pense que personne n’aime être comparé si facilement, ça peut même être un peu ennuyant même si l’intention de base n’est pas mauvaise. J’espère que nous continuerons à devenir juste Geese.

Vous êtes signé chez les grands Partisan Records (Cigarette after Sex, Idles, Fontaines DC) … Quel effet ça fait de faire partie de cette grande famille ? Est-ce que ça vous met un peu la pression ?

Oh non, je pense qu’on adore les personnes avec qui on travaille. C’est vraiment un bon mix entre des personnes avec de réelles compétences, qui savent ce qu’elles font et qui sont super proches les unes des autres. Pas de mauvais sang, de mauvaises ondes, pas de gossips. C’est un soulagement. On est heureux de faire partie de cette famille.

En Europe on admire beaucoup la scène post-punk anglaise et irlandaise actuelle… Comment tu qualifierais la scène new-yorkaise ?

C’est bizarre, j’ai eu la même question en interview tout à l’heure et je n’arrête pas d’y penser depuis. Définitivement elle n’est pas comme on pourrait l’imaginer. Elle n'est pas comme la scène UK qui explose, qui voit des nouveaux lieux éclore et qui propose du matos à de jeunes groupes. Disons qu’on n’y est pas encore à New-York. Evidemment il y a quelques chouettes lieux et la ville est définitivement revenue à la vie, les concerts reprennent etc. Certains groupes qui sont la depuis longtemps reviennent aux affaires comme Hank Wood and the Hammerheads, Guerilla Toss, Gustaf mais globalement j’ai l’impression que la scène new-yorkaise semble légèrement nostalgique alors que le reste semble toujours vouloir créer de nouveaux sons, de nouvelles sonorités. Je ne sais pas il n’y a pas beaucoup de comparaisons, c’est intéressant d’y penser. Sur la scène UK il y a comme deux sortes de ramifications, encore une fois c’est une réflexion de la part de quelqu’un qui ne vient pas d’Angleterre mais on retrouve: ceux qui vont distordre les guitares comme Yardact, Dry cleaning et ceux qui se la joue "comment peut-on être faire pour sonner encore plus bizarre ? " comme Squid et Black Midi. Ils sont tous cools. A NYC, tous les groupes sont assez différents, il n’y a pas de branches spécifiques à proprement parler mais ça va peut-être changer…

Est-ce que vous travaillez sur un nouvel album ?

Oui, on ne peut encore rien dire mais nous sommes en train de le terminer.

Affaire à suivre !

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