Fraude à la VUB: les recherches scientifiques sont-elles vraiment fiables?

Licenciement d'un chercheur pour fraude à l'ULB: la recherche est-elle vraiment fiable?
24 mars 2013 à 09:39 - mise à jour 24 mars 2013 à 11:06Temps de lecture1 min
Par Germain Renier

Justement, cette semaine une enquête qui montre l’ampleur du phénomène paraissait dans le magazine scientifique Eos. Selon l'enquête, dans les universités flamandes, un chercheur en médecine sur douze avoue avoir inventé ou manipulé des données pour valider une hypothèse. Et près de la moitié dit avoir vu des collègues le faire.

A l'ULB et à l'UCL, c’est la surprise totale, saupoudrée d’un peu de scepticisme… Mais Pierre Marage, vice-recteur à la recherche de l'ULB, condamne évidemment toute pratique frauduleuse. "Depuis des années nous avons une commission de déontologie et d'intégrité dans la recherche scientifique qui elle-même peut constituer une commission chargée d'établir les faits qui a presque un pouvoir de juge d'instruction. C’est d’ailleurs déjà arrivé."

Ce sont les collègues des chercheurs qui sont les mieux placés pour déceler les fraudes. Les revues scientifiques internationales apportent une caution aux études qu'elles publient, mais elles ne peuvent pas vérifier toutes les données. Pour Vincent Yzerbyt, vice recteur à la recherche à l'UCL, "On doit probablement aller vers des modèles où la transparence est encore accrue. Dans certaines universités américaines, on prône l'open research soit le fait d'avoir des démarches de recherche qui tout au long du processus se font sur un mode relativement ouvert sur des plateformes web."

Beaucoup de voix s'élèvent aussi pour dénoncer la pression toujours plus forte qui s'exerce sur les chercheurs, poussés à publier toujours plus. "Pour la fraude, ça relève selon moi d’une pathologie. Par contre, aller trop vite, la légèreté ou le manque de répétition dans les données peuvent être le résultat de la pression à publier et à financer les laboratoires" déclare Pierre Marage. "On sait bien que les universités sont financées par leurs recherches. Or pour décrocher des conventions avec les pouvoirs publics ou avec des entreprises privées, il faut être reconnu comme une bonne équipe. Pour cela un critère est le taux de publication."

Est-ce là une des raisons qui poussent les chercheurs à frauder? Quoiqu'il en soit, publier ou périr, c'est devenu leur dicton.

Daphné Van Ossel

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