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François D'Haene, le vigneron pressé

François D’Haene, le vigneron pressé
01 oct. 2017 à 18:00 - mise à jour 01 oct. 2017 à 18:27Temps de lecture2 min
Par David Bertrand

Le meilleur trailer du monde partage son temps entre sa vigne, sa famille et la course à pied. Un homme pressé mais organisé. Et qui a le sens des priorités.

Il nous a reçus par une belle après-midi ensoleillée dans la maison familiale qu’il occupe avec sa famille dans le petit village de Saint-Julien au cœur du Beaujolais. Une lumière d’été indien. Un petit mois seulement après avoir remporté avec autorité son 3e UTMB, l’Ultra Trail du Mont Blanc (168 km et 10.000 mètres de dénivelé positif autour du massif du Mont Blanc), le coureur français commence seulement à prendre conscience de la portée de son exploit. C’est que depuis la fin de la course, une fois passées les sollicitations médiatiques, il a dû rentrer dare-dare à la maison pour coordonner les vendanges et les 55 amis et proches venus donner un coup de main pendant 4 jours de dur labeur… et de fête.

"Je commence seulement à réaliser ce qu’il s’est passé" lance t’il timidement, presque gêné de devoir commenter sa victoire lors de la course la plus relevée de l’histoire de la discipline. "A Chamonix, c’était un peu la folie. Ce n’est qu’une fois parmi les miens que j’ai pu savourer et fêter cette victoire."

Depuis François et son épouse, Carline ont terminé les vendanges. Comme de tradition, ils ont également pressé une cuvée spéciale, à la main, comme ils le font chaque année depuis qu’ils ont repris l’exploitation de Beaujolais Village, 5 hectares et demi de vignes qui s’étendent autour de la vieille maison en pierre et qui servent aussi de terrain d’entrainement au meilleur trailer du monde actuel.

"Nous faisons un vin à notre image. Un vin gouleyant, un vin convivial et de partage". François et Carline gère tout. Des vendanges à la distribution en passant par le travail du raisin, la mise en bouteille et l’étiquetage.

"Il y a beaucoup de similitudes entre mes deux passions, le trail et le travail de la vigne. L’une d’elles, c’est d’être à l’écoute de son environnement. La nature et la montagne sont plus fortes que tout. Il faut être à l’écoute des éléments et se remettre en question sans cesse. Ce n’est pas parce que le vin est bon une année qu’il le sera l’année suivante. Et en ultra trail, c’est la même chose, ce n’est pas parce que ça se passe bien une année que ça marchera la seconde année. Il faut en permanence être à l’écoute de soi et des éléments. Le deuxième parallèle, c’est d’être patient. On ne gagne pas un UTMB en commençant sa préparation 1 mois avant la course. Pour le vin, c’est la même chose, ce n’est pas au parce qu’on fait de belles vendanges que le vin sera bon. C’est tout le travail en amont qui fera la différence. Il faut donc être patient, voir les choses à long terme et prendre du plaisir au quotidien. Sinon, c’est un peu long d’attendre juste l’échéance. Il faut s’amuser dans la vie de tous les jours pour que ça marche. Et en ce qui me concerne, c’est le cas dans les deux domaines."

Paroles de sage.

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