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France: les riverains de la "Jungle de Calais" expriment leur ras-le-bol

Des dizaines de camions ont été mobilisés
05 sept. 2016 à 05:02 - mise à jour 05 sept. 2016 à 13:31Temps de lecture2 min
Par Baptiste Hupin avec AFP

Une double opération escargot rassemblant transporteurs routiers et agriculteurs a eu lieu lundi matin à Loon-Plage (Nord), près de Dunkerque, et à Boulogne-sur-Mer, avec pour destination Calais, afin de demander le démantèlement au plus tôt de la "Jungle".

Sous une pluie fine, les deux cortèges, une quarantaine de camions à Loon, une trentaine à Boulogne, ont convergé à Calais et bloqué l'A16, autoroute particulièrement utilisée par les transporteurs européens pour rejoindre l'Angleterre via le port de Calais, premier de France pour le trafic passager, ou le tunnel sous la Manche.

Les agriculteurs ont rejoint ce cortège en cours de route à bord de leurs tracteurs.

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Une chaîne humaine, regroupant essentiellement les commerçants de Calais et des employés du port, a également été organisée vers 9H00 au stade de la ville. Frédéric Van Gansbeke, porte-parole du collectif des entreprises et commerces du Calaisis, espère "marquer le coup" avec cette opération, une première depuis le début de la crise migratoire dans la région.

Cohabitation difficile

La cohabitation avec les migrants est devenue trop lourde à supporter pour certains calaisiens. "On demande le démantèlement de la jungle, mais pas dans n'importe quelles conditions, martèle Marcel Aucoin, secrétaire général de l'Union territoriale interprofessionnelle. Il faut apporter des solutions aux migrants sur tout le territoire pour que Calais ne soit plus le centre d'accueil, mais que toute la France prenne la responsabilité d'accueillir des migrants".

Calais, un aimant à migrants

Mais le problème, c'est que Calais agit comme un aimant sur tous ceux qui rêvent de s'installer au Royaume-Uni. Selon la préfecture du Pas-de-Calais, 6900 migrants sont présents dans la "Jungle", un chiffre record en progression de 53% par rapport à la mi-juin. Des associations parlent quant à elles de plus de 9000 personnes. Alors, pour Christian Salomé, président de l'auberge des migrants, un démantèlement ne servirait à rien : "Même s'il n'y a plus de quoi s'abriter, ils dormiront dans les fossés et dans les champs pour rejoindre leur famille en Angleterre. Si on veut résoudre le problème, il faut le prendre à la base. C'est-à-dire trouver une solution pour ceux qui souhaitent aller en Angleterre puissent le faire".

Beaucoup de calaisiens mettent aujourd'hui en cause les accords du Touquet, des accords signés en 2003 qui permettent au Royaume-Uni de refuser l'accès à son territoire depuis le territoire français.

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