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France : face aux services de renseignement, la journaliste Ariane Chemin brandit la protection des sources

France : face aux services de renseignement, la journaliste Ariane Chemin brandit la protection des sources
29 mai 2019 à 12:40 - mise à jour 29 mai 2019 à 12:40Temps de lecture2 min
Par Belga

Convoquée mercredi par le service français de renseignement intérieur, la journaliste du quotidien Le Monde, Ariane Chemin, a fait valoir la protection des sources et déploré que "tout (soit) fait pour vous convaincre que vous avez commis une faute lourde".

Cette convocation intervient après celles de sept autres journalistes du site français Disclose, de Radio France et de l’émission Quotidien de TMC, ayant pour point commun d’avoir enquêté sur l’utilisation d’armes françaises au Yémen.

Elles ont soulevé une vague de protestations de journalistes et de personnalités politiques, qui y voient une atteinte au droit d’informer.

Dans le cadre d’une audition libre, Ariane Chemin a été entendue par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pendant environ trois quarts d’heure, en présence de son avocat, dans le cadre d’une enquête pour "révélation de l’identité d’un membre des forces spéciales".

Tout est fait pour vous convaincre que vous avez commis une faute lourde

"Je leur ai expliqué que je n’avais fait que mon travail de journaliste et j’ai fait valoir l’article 2 de la loi de 1881", qui stipule que "le secret des sources des journalistes est protégé dans l’exercice de leur mission d’information du public", a-t-elle dit à l’AFP. "Ils m’ont posé beaucoup de questions sur la manière dont j’avais vérifié mes informations, façon indirecte de m’interroger sur mes sources", a-t-elle regretté.

Entre le protocole d’audition et les questions, "tout est fait pour vous convaincre que vous avez commis une faute lourde, ce que nous contestons formellement", a poursuivi la grande reporter, convoquée pour des articles sur les affaires d’Alexandre Benalla – affaire qu’elle a révélée —, du nom de l’ancien collaborateur du président Emmanuel Macron, poursuivi pour violence lors d’une manifestation.

La journaliste a notamment été interrogée "sur le profil d’un sous-officier de l’armée de l’air, Chokri Wakrim, compagnon de l’ex-cheffe de la sécurité de Matignon".

Le président du directoire du journal Le Monde Louis Dreyfus a également été entendu par la DGSI mercredi matin.

Archives : Journal télévisé 18/04/2019

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