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Formation flamande: négociations tendues entre la N-VA et le CD&V

Formation flamande: négociations tendues entre N-VA et le CD&V
08 juil. 2014 à 14:52 - mise à jour 08 juil. 2014 à 14:59Temps de lecture2 min
Par Belga News

Les trois premières semaines de négociations entre la N-VA et le CD&V ont été frappées du sceau de la discrétion, chacun s'attachant à affirmer la "bonne atmosphère" de travail.

Mais du sable semble s'être glissé dans l'engrenage depuis que les négociateurs ont abordé samedi dernier les difficiles choix budgétaires.

"Ceux qui pensaient que cette formation de gouvernement se passerait comme toutes les autres se sont trompés. N'oubliez pas qu'il faut clarifier beaucoup de points importants avec les nouvelles compétences, comme les allocations familiales ou le bonus logement", a commenté une source CD&V.

Dans l'entourage de la N-VA, c'est le tempo des négociations qui fait grincer les dents. "Pour nous, ça pourrait aller un peu plus vite", commentait-on, alors que l'échéance symbolique du 11 juillet - date de la fête de la Communauté flamande - ne semble désormais plus tenable.

Les chrétiens-démocrates flamands démentent toute manoeuvre de retardement. On réfute aussi l'idée que le parti ralentirait les pourparlers afin de clarifier les incertitudes planant sur l'avenir de sa figure de proue Kris Peeters.

Et l'on contre-attaque: les propositions d'économies avancées par la N-VA - surtout celles portant sur les pouvoirs publics - sont jugées "insuffisamment réfléchies".

Et le CD&V de citer l'enseignement ou les provinces. "Ils veulent des coupes importantes voire une suppression, sans dire par quoi l'on remplace ni spécifier les instances qui reprendront ces missions. A la place des provinces, ils proposent 23 territoires régionaux. Mais avec quelles missions? Et s'il s'agit des mêmes tâches que les provinces, où est l'économie?", s'interroge un CD&V.

"La suppression des provinces, est-ce vraiment la grande priorité de la Flandre? Et puis une telle suppression ne pourrait intervenir avant 2018 (année des prochaines élections communales et provinciales, ndlr), donc il n'y aura pour ainsi dire pas d'économies à ce niveau dans les quatre prochaines années", fait valoir un autre centriste.

"Ils pensent que parce qu'ils sont le plus grand parti, ils peuvent tout engranger, mais ce n'est pas ainsi que ça marche", commente l'un. "Nous n'avons pas envie de n'être qu'à la remorque" de la N-VA, ajoute un autre.

Chez les démocrates-chrétiens flamands, on s'interroge désormais ouvertement sur le projet de fond de la N-VA, le "grand récit" que les nationalistes veulent donner à un gouvernement avec le CD&V.

"Les gouvernements précédents avaient toujours leur histoire dominante. Pensez à la 'Kleurennota' (la note du libéral Patrick Dewael lorsqu'il était ministre-président flamand au début des années 2000, ndlr), ou à Vlaanderen in Aktie (les plans du ministre-président sortant Kris Peeters) sur les deux derniers gouvernements."

Plus apaisantes, d'autres sources dans les deux camps rappelaient que des négociations n'avancent jamais sans tensions, surtout lorsqu'elles abordent leur phase de conclusion. La plupart des sources estimaient d'ailleurs que les deux partenaires finiront pas s'entendre.

Mais l'une ou l'autre voix dissonante ne se taisent plus: "Je suis quand même relativement pessimiste. S'il n'y a pas de percée dans la semaine et demie à venir, je n'exclus pas un échec", osait ainsi un CD&V.

"Si vraiment un compromis ne peut être trouvé, il n'est naturellement pas exclu que l'on doive chercher une autre formule. Mais il est bien trop tôt pour cela. Je nous vois encore aboutir", relativisait un autre.

Quoi qu'il en soit, l'agenda du groupe central des négociateurs n'est pas fixé. Ces lundi et mardi, seuls les groupes techniques ont oeuvré.

Belga

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