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Felice Mazzù : "52 ans que je passe le même rond-point…"

Felice Mazzù : "52 ans que je passe le même rond-point…"
14 sept. 2019 à 09:30 - mise à jour 14 sept. 2019 à 09:30Temps de lecture2 min
Par Erik Libois

C’était hier soir le comité d’accueil annoncé : pour honorer leur mage durant 6 ans, les supporters carolos avaient déployé, sur toute la largeur de la T4 du Mambourg, une banderole géante de 35 m montrant leur ex-chéri, le visage rageur, les poings vainqueurs. A l’image de cette grinta qu’il a si longtemps insufflé à ses Zèbres. Oui, les fans carolos ont fait hier les choses en grand.

Forcément, c’est beaucoup d’émotion " expliquait après le match Felice Mazzù. " Je ne vais pas dire que je redoutais ce moment, mais forcément cette semaine, à l’approche du grand jour, je sentais quelque chose monter en moi. Pendant 52 ans, je suis venu à ce stade, en passant par ce même rond-point. Cette fois, c’était dans le car du visiteur, puis dans ce stade où je suis né comme entraîneur professionnel. Oui, ça me fait évidemment quelque chose. "

Les yeux imbibés, Felice a enchaîné les photos, les selfies et surtout les bisous avec tous ces anonymes qu’ils recroisaient. Avec ses ex-joueurs aussi.

On l’a aperçu en sortant de la théorie, on s’est tous mis en file indienne pour le saluer " témoigne Massimo Bruno. " Mais difficile de vraiment se parler, avec toutes ces caméras branchées sur lui. Après, on a fait notre match comme d’habitude, pour nous. On n’avait pas de motivation particulière parce que c’était lui en face. "

Derrière son petit banc, Julie, sa fidèle épouse, avait pris place comme chaque fois. Mais derrière le dug-out Visiteurs donc… Après le match, Mehdi Bayat, fidèle à son habitude après une victoire, allait et venait… avant de jouer la tangente, en optant pour le ton décalé.

Où avez-vous vu de l’émotion ce soir ? " provoque le CEO local. " On se connaît à peine avec cet entraîneur, on n’a rien partagé, le public non plus n’a rien fait de spécial. On s’est juste dit 'Bonsoir', on s’est serré la main, puis on s’est félicité après le match. Si on se fera ce resto dont on parle tant depuis des mois ? Bien sûr ! Mais dès ce mardi, je serai le premier supporter de Felice en Champions League contre Salzbourg, c’est beaucoup plus important pour le football belge. "

En attendant, les bisous ont fleuri. Au coup de sifflet final, même le successeur de Felice au Pays Noir a eu droit à ses vivats.

Les supporters ont scandé mon nom en fin de match, c’est vrai " sourit Karim Belhocine. " Mais ils n’ont pas oublié celui qui a tant apporté à ce club, et il le méritait. J’associe toute l’équipe à l’ovation du public. Ce soir, on a fait du Charleroi en gagnant avec la seule valeur qui compte ici : le travail. "

Felice Mazzù devra changer ses habitudes : depuis la dernière défaite de Genk face à Zulte Waregem lors de la 3e journée, il avait enchaîné deux victoires et un partage… et avait décidé de ne plus porter de chaussettes dans ses souliers jusqu’à la fin de série. Ce jour est donc arrivé…

C’est clair que cette défaite est plus amère que d’autres car on revient sur ses terres, où on a vécu tant de belles choses durant 6 ans. Mais au moins, je me dis que comme ça, les supporters carolos continueront de m’aimer… " conclut un Mazzù ayant subitement retrouvé son clin d’œil malicieux.

Et si tout cela était bien plus fort qu’une victoire ou une défaite ?

Charleroi - Genk : Le résumé

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