Faut-il toujours célébrer la fête des mères et la fête des pères ?

Faut-il toujours célébrer la fête des mères et la fête des pères ?
14 juin 2020 à 08:55 - mise à jour 14 juin 2020 à 10:38Temps de lecture3 min
Par Mathieu Neuprez et O.A.

Si on trouve les premières traces de la fête des mères dans l’Antiquité grecque, il faut attendre 1941 et le régime de Vichy désireux de relancer la natalité pour trouver la trace de la première célébration officielle d’une fête des mères en France et par débordement en Belgique.

C’est à cette période que les cadeaux pour célébrer les mères font leur première apparition.

Et depuis, les pères aussi ont leur fête qui tombe cette année le dimanche 14 juin. On trouve une origine à cette célébration au 15e siècle, la fête mettait en avant Saint Jospeh le père non biologique de Jesus et se célébrait à la mi-mars.


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Seulement voilà, ces dernières années se pose la question de la légitimité de cette fête des mères ou des pères dans une société où le schéma familial est en évolution constante.

La fête des pères moderne une invention commerciale qui vient de France

Nous sommes en 1950. Marcel Quercia, directeur de la société bretonne Flaminaire, décide de trouver une stratégie commerciale pour pouvoir augmenter les ventes de ses briquets à gaz. "Nous réalisions 50% de notre chiffre d’affaires de la fin août jusqu’aux fêtes de Noël mais le mois de juin était une période très creuse", expliquait Jacques Renaud, ancien salarié de la firme française à nos collègues d’Ouest France.

L’événement commercial a été reconduit les années suivantes et fut un tel succès que l’imprimerie Oberthur inscrit la fête des pères sur son calendrier. "Au départ, l’État a grogné sur l’origine commerciale de cette fête… Puis il a fini par la reconnaître de façon officielle, dès 1952", précise Jacques Renaud, à Ouest France.

Evolution des schémas parentaux

En 2017, l’institut Singelijn, de Woluwé-Saint-Lambert décidait de supprimer la fête des mères de son programme scolaire afin qu’il colle mieux avec les réalités actuelles. A l’époque, Dominique Paquot, le directeur de l’école se justifiait comme suit : "Il y a les parents décédés, les ruptures de contacts avec certains parents, les parents manquants dans les familles monoparentales, il y a des parents du même sexe, etc. Ça a amené nombre d’enseignants à se questionner vraiment sur le bien-fondé de la préparation du cadeau en milieu scolaire. Parce qu’il faut savoir que, lorsque nous travaillons les cadeaux de fête des pères ou de fêtes des mères il y a 2, 3, 4 enfants qui sont en souffrance par rapport à ça".

Plusieurs écoles ont décidé d’emboîter le pas et de remplacer la fête des mamans et des papas par une fête de la famille, plus représentative de la société diversifiée actuelle.

En effet, en Belgique, les familles monoparentales sont toujours plus nombreuses. Selon une enquête de l’Institut du Développement Durable (IDD) de 2014, une famille belge sur quatre est aujourd’hui monoparentale, soit presque deux fois plus qu’une vingtaine d’années plus tôt. A celles-ci, il faut ajouter les enfants de couples homosexuels.

Autant d’enfants qui vivent une situation douloureuse et sont stigmatisés lors de la conception des cadeaux de fête des mères ou des pères à l’école.

La fête une journée… Et après ?

Comme pour beaucoup de fêtes actuelles, est reproché aux fêtes parentales leur instrumentalisation commerciale.

Ce reproche concernant le caractère consumériste des célébrations et cette "américanisation" de la fête, semble bien paradoxal quand on sait qu’Anna Jarvis (1864 1948), considérée Outre-Atlantique comme la mère de la fête des mères a lutté toute sa vie contre les industries commerciales, qu’elle jugeait être des "propagandistes anti-mère".

Elle allait de commerce en commerce, demandant aux magasins qui avaient récupéré son idée, de verser une partie de leurs bénéfices liés à la fête à des associations venant en aide aux fermiers pauvres.

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