NJR Belgian Crime Story

Faits Divers - L’Affaire Petitgnot, jalousie à huis clos

Noir Jaune Rouge - Belgian Crime Story

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02 oct. 2020 à 22:00Temps de lecture2 min
Par Christian Rousseau

Peu avant la Première Guerre mondiale, dans la campagne du Brabant wallon, il y avait des hommes, des femmes, de l’argent, de la jalousie et des champs. Rien de très différent d’aujourd’hui, et pourtant… 

Le 12août 1912, à huit heures du matin, un garde champêtre retrouve le corps de Juliette Petitgnot, 24ans, blonde et gironde, dans un champ d’avoine d’Opprebais. Celle que les gens de la région employaient comme servante et fille de ferme est morte.

Le cou, la tête, la nuque, les mains sont couverts de coups et de lacérations. Dans l’entourage de la victime, on compte tout un village, un curé, différents patrons abuseurs, mais aussi un amant et la femme de ce dernier : les époux VanHees. 

Émile et Hélène, agriculteurs à Wastines. Emile Van Heesa 36ans, il est veuf, père d’un enfant, et remarié à Hélène Collin, 34ans. Cette dernière est au courant de la relation charnelle qu’entretient son mari avec sa rivale, Juliette.  

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Au temps de la peine de mort 

Nous parlons bien d’un autre siècle, d’un autre temps. Ici, en 1912, le curé tient lieu de confident et de conseil. Les réseaux sociaux n’existeront pas avant une centaine d’années, c’est donc au marché et dans les cafés que s’échangent rumeurs et quolibets. 

La médecine légale n’en est qu’à ses balbutiements. Plus important encore : la peine de mort est toujours d’application. Depuis l’indépendance de la Belgique, en 1830, la question divise et les partisans de l’abolition n’auront gain de cause qu’en 1996.

Sous le règne d’Albert 1er (entre 1909 et 1934), on guillotine moins que l’on gracie et commue les peines capitales en condamnations à perpétuité. Mais tout de même, la menace du couperet plane sur les criminels. 

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Accusés ? Libérés ?  

Chez les VanHees, le torchon brûle depuis un moment. Juliette, l’amante, et Hélène, l’épouse rivale, se sont déjà vertement disputées et des menaces de mort ont été proférées. 

Émile, épris, ne parvient pas à quitter sa maitresse. Le curé de la paroisse s’en mêle pour lui rappeler le sens de la morale. Le 11août, encouragé par son épouse qui l’assiste, Émile convient d’un rendez-vous nocturne avec Juliette. Le meurtre est commis à l’aide d’un marteau et d’un rasoir. Durant le procès qui suit, le couple n’est pas épargné par les témoins qui les accablent.

Il est tout d’abord condamné à mort, tandis qu’elle écope de la perpétuité pour complicité, ses cheveux ayant été retrouvé dans la main de la victime et supposément identifiés par les légistes de l’époque. Mais des déclarations convainquent la Cour de cassation d’en décider autrement et de libérer Hélène Van Hees.

Pourquoi? Comment? Anne Gruwez le raconte dans "L’affaire Petitgnot", récit inspiré des faits et publié dans le cadre de la collection de podcasts "Noir Jaune Rouge Belgian Crime Story": une collection de cinq fictions sonores inspirées par des histoires criminelles qui ont émaillé le vingtième siècle belge.  

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