RTBFPasser au contenu
Rechercher

Espagne : l'ex-chef des services secrets perd en justice face à un ancien policier

Le général Felix Sanz Roldan, en 2007
25 janv. 2021 à 15:37Temps de lecture1 min
Par Belga

L'ex-chef des services secrets espagnols a été débouté de sa plainte contre un sulfureux commissaire, célèbre pour avoir enregistré à leur insu nombre de personnalités, selon la décision de justice rendue publique lundi.

C'est l'un de ces enregistrements qui a été l''un des éléments clés du premier procès contre l'ancien policier José Manuel Villarejo, en détention provisoire depuis 2017 et cité dans une multitude d'affaires.

Dans cette bande enregistrée en 2015 sans qu'elle ne le sache, Corinna Larsen, l'ancienne maîtresse de l'ex-roi Juan Carlos, confiait à José Manuel Villarejo avoir reçu des menaces de la part de Félix Sanz Roldan, chef des services de renseignement espagnols de 2009 à 2019.

En 2017, José Manuel Villarejo avait évoqué cet enregistrement lors d'une interview, ce qui avait amené M. Sanz Roldan à l'attaquer en justice pour dénonciation calomnieuse.

Mi-janvier, devant la cour, Mme Larsen, femme d'affaires allemande ayant entretenu une relation avec Juan Carlos jusqu'en 2012, avait affirmé avoir été contactée à plusieurs reprises par le général Sanz Roldan car elle possèdait des documents concernant "des affaires financières" du roi.

Selon son témoignage, le chef des services secrets lui avait alors indiqué qu'elle ne serait pas en sécurité tant que les documents ne seraient pas remis aux services de sécurité allant jusqu'à la menacer elle et ses enfants, lors d'une rencontre à l'hôtel Connaught, à Londres le 5 mai 2012.

Elle était ensuite rentrée dans son appartement en Suisse et y avait trouvé un livre sur la mort de Lady Diana dans un accident de voiture dans un tunnel à Paris. Quelques heures plus tard, un appel anonyme en espagnol évoquait "les nombreux tunnels" sur une route qu'elle pourrait emprunter, avait-elle encore dit devant le tribunal.

Le général Sanz Roldan avait nié ces accusations.

Le tribunal a estimé qu'il n'était pas de son devoir d'établir des "certitudes sur les accusations" de M. Villarejo envers le général Sanz Roldan, tout en soulignant qu'on ne pouvait pas prouver que ces faits étaient faux.

Cette décision peut faire l'objet d'un appel dans les dix jours.