Environ 4500 Belges sont encore coincés à l'étranger et attendent un rapatriement

Environ 4500 Belges sont encore coincés à l’étranger et attendent un rapatriement
11 avr. 2020 à 15:16 - mise à jour 11 avr. 2020 à 15:16Temps de lecture3 min
Par Aubry Touriel

Depuis le début de la crise du coronavirus, plus de 6000 citoyens belges bloqués à l’étranger ont été rapatriés dans leur pays. Selon les estimations des Affaires étrangères, il en resterait encore 4500 qui souhaitent rentrer en Belgique.

"C’est une crise mondiale, c’est impossible de faire rentrer tout le monde d’un coup, mais nous faisons tout notre possible rapatrier nos concitoyens le plus rapidement possible", lance Karl Lagatie, porte-parole du SPF Affaires étrangères.

Selon lui, environ 4500 Belges souhaitent rentrer dans leur pays, mais il s’agit d’une estimation, met-il en garde : "Nous basons ce chiffre sur le nombre de personnes qui se sont inscrites sur la plateforme Travellers online et sur les données récoltées par les ambassades et le centre de crise des Affaires étrangères. Il y a peut-être encore d’autres Belges qui ne se sont pas manifestés."


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Une centaine de Belges, ainsi qu'une dizaine d'Européens, ont quitté la Tunisie pour la Belgique ce samedi. Un vol de rapatriement depuis Bogota et Saint-Domingue est par ailleurs en cours d'organisation. Avec le rapatriement de ce samedi, tous les Belges qui souhaitaient rentrer de Tunisie mais qui n'avaient pu prendre les vols de rapatriement du 20 mars sont maintenant de retour au pays.

Le ministre des Affaires étrangères Philippe Goffin annonce qu'un avion militaire a décollé ce samedi après-midi de Melsbroek pour Kinshasa avec à son bord de l'aide humanitaire de l'Unicef, du matériel de laboratoire de l'Institut de médecine tropicale d'Anvers et du matériel humanitaire pour Médecins sans frontières Belgique, qui contribue à enrayer la propagation du coronavirus au Congo.

Environ 200 Belges et une vingtaine de citoyens européens rentreront samedi à Bruxelles avec ce vol, ajoute M. Goffin.

Un Belge coincé en Inde

Selon les informations des affaires étrangères, beaucoup de compatriotes en voyage en Inde sont déjà revenus en Belgique par des vols commerciaux ou par des vols européens. Une centaine de Belges seraient encore coincées en Inde.

Parmi eux, L.B. est coincé dans un petit hôtel de 10 chambres à Siliguri, en Inde : "Le gérant de l’hôtel refuse que je sorte, mais, heureusement, je reçois des repas dans la cuisine."

Vue depuis l'hôtel à Siliguri en Inde
Vue depuis l'hôtel à Siliguri en Inde © Tous droits réservés

Depuis le 24 mars, les autorités indiennes ont instauré le confinement total. Le père de 66 ans devait normalement revenir en Belgique avec un vol Alitalia du 8 avril, mais il a été annulé. Coincé dans son hôtel depuis fin mars, cela fait près de trois semaines qu’il espère revenir en Belgique.

Il avait pris contact avec l’ambassade belge en Inde. On lui a répondu qu’aucun vol de rapatriement n’était prévu pour les ressortissants belges bloqués, mais que, grâce à son inscription sur la plateforme Travellers Online, il serait tenu au courant de solution de retour.

Seulement, l’aéroport le plus proche se situe à 600 kilomètres, à Calcutta. Mais aucun vol vers l’Europe occidentale ne décolle de là. Il faudra donc se rendre à l’aéroport de Delhi, à environ 1500 kilomètres de Siliguri. La compagnie aérienne néerlandaise KLM propose des vols. "Mais il ne reste plus que des tickets en business class, le prix revenant à environ 1500 euros alors qu’un ticket normal coûte environ 500 euros", témoigne le père de famille.

Selon le site du SPF Économie, si le vol de retour a été annulé par la compagnie aérienne en raison du coronavirus ou d'une décision du gouvernement du pays de séjour, le voyageur a le choix entre se faire rembourser son billet sans frais supplémentaires ou accepter un autre vol de retour que vous proposerait la compagnie aérienne.

Déplacements nationaux presque impossibles

En temps normal, des vols nationaux ou des trains sont assurés vers Delhi. Le hic, c’est qu’avec les mesures prises par le gouvernement indien, aucun train et aucun bus ne circule dans cette région.

L.B. s’est renseigné lui-même pour voir quelles étaient ses possibilités et a découvert que l’ambassade espagnole comptait organiser un bus pour collecter des résidents. Au départ, la diplomatie belge n’était pas au courant de l’existence de ce bus, mais a ensuite directement fait en sorte pour qu’ils aient une place dans le bus pour Delhi.

"Mais je ne suis pas encore sûr de pouvoir arriver à temps pour décoller avec l’avion KLM", s’inquiète le Belge de 66 ans. Il devra encore faire preuve de patience avant de fouler le sol belge.