En Europe, le crime organisé constitue une plus grande menace que le terrorisme

François Farcy
22 avr. 2019 à 09:19Temps de lecture2 min
Par RTBF

Selon Europol, le crime organisé représente la plus grande menace pour la sécurité de l'Europe, loin devant le terrorisme. Interrogé sur La Première, François Farcy, directeur judiciaire de la Police fédérale de Mons-Tournai, explique que, en Belgique, "on ne baisse pas la garde en ce qui concerne le terrorisme".

"La menace concernant le terrorisme ayant un peu diminué en Europe, on a un peu remis en avant la problématique de la menace des organisations criminelles", poursuit-il. En 2017, Europol avait comptabilisé 5000 organisations criminelles actives en Europe. "La grande majorité de leurs activités sont tenues en régie par plusieurs organisations criminelles parfois très puissantes, notamment en matière de traite des êtres humains, dans les nouvelles technologies, dans l'économie souterraine, dans les fraudes à l'investissement et même dans l'écologie. Par exemple en Italie, certains groupes mafieux ont pris le contrôle de parcs éoliens. Le chiffre d'affaire total de ces organisations criminelles est quand même estimé à 110 milliards par an en Europe".

Ce qui fait de la Belgique un point attractif pour les mafias, "c'est que c'est la capitale de l'Europe. Donc c'est un centre décisionnel important où on retrouve énormément d'institutions qui sont toutes de victimes potentielles de groupes criminels organisés, que ce soit pour des fraudes aux subsides européens, ou des prises de parts dans certaines sociétés douteuses". La Belgique est aussi un carrefour autoroutier: certaines organisations criminelles prennent le contrôle sur la traite des êtres humains ou l'immigration clandestine.

Organisations criminelles albanaises

A côté de la mafia italienne, les organisations criminelles albanaises sont très présentes, "que ce soit en Italie, en Angleterre, en Ecosse ou en Allemagne. Ce sont des groupes très actifs, notamment parce qu'ils sont vraiment polycriminels. Ils font de tout et, depuis la fin des années 90, ils disposent d'une diaspora qui est installée partout en Europe. Leur population est d'ailleurs souvent la première victime de leurs activités, notamment en matière de prostitution ou de traite des êtres humains" dit encore François Farcy.

Mais les autorités disposent de plus d'outils pour lutter contre les mafias : "En Belgique, un service analyse et assure un suivi permanent des différentes organisations criminelles actives. Au niveau européen, les outils qui ont été développés en matière de terrorisme, l'ont aussi été en matière de crime organisé. Il y le mandat d'arrêt européen, les équipes communes d'enquête. On dispose, au niveau européen, depuis 2008 d'une définition commune du crime organisé et il y a eu aussi des progrès en matière de saisie de capitaux".

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